‹ Les précurseurs de la RenaissanceChapitre 75 sur 132 · Vasari, éd. Milanesi, t. II, p · texte numérisé non relu

Vasari, éd. Milanesi, t. II, p

3. Voy. l'article de M. Yriarte, dans la Galette des beaux-arts, 1881, t. I, p. 433.'

4. Lettre du 25 août 145 1 publiée par M. Milanesi, ouvr. cité, p. 7, 8.

ordonna, en 1459, à Benozzo d'effacer un chérubin qui lui paraissait troubler l'harmonie crime de ses peintures'.

Quelque grands que fussent les sacrifices faits par Pierre, il calculait cependant. Les Médicis n'oubliaient point qu'ils étaient banquiers; ils aimaient à se rendre un compte exact de l'emploi de leur argent. Il ne faut donc pas nous étonner de voir Pierre débattre à chaque instant le prix des ouvrages qu'il commandait, faire introduire dans les contrats les clauses les plus rigoureuses, ne délier qu'avec circonspection les cordons de sa bourse ; ces précautions étaient indispensables. Dans la longue suite de lettres adressées aux Médicis par les artistes de Florence ou même des autres villes d'Italie, il n'en est guère qui ne contienne la demande d'un secours en argent. Et quelle habileté clans ces demandes, depuis celles de Fra Filippo Lippi jusqu'à celles de Mantègne ! Il aurait fallu que les coffres-forts du vieux Cosme fussent inépuisables pour contenter tant de solliciteurs.

Dans la recherche des antiques, Pierre se laissait davantage emporter par la passion. Une lettre de son frère naturel, Charles, notaire apostolique, nous le montre à l'affût des médailles romaines. Il avait chargé le directeur de la succursale romaine de leur banque de lui en procurer une centaine, toutes en argent. Mais le cardinal Pierre Barbo, le futur pape Paul II, faisait bonne garde. Au bout de quatre mois les correspondants de Pierre avaient à peine réuni cinquante pièces.

Ces gemmes, ces médailles, Pierre ne se borna pas à les serrer jalousement dans ses écrins, il les proposa en modèles aux artistes de son entourage; il demanda surtout à ses miniaturistes de les introduire clans la décoration des manuscrits qu'ils enluminaient pour lui. La Laurentienne renferme de nombreux volumes ornés de médaillons d'empereurs ou d'hommes célèbres, parfois aussi de compositions mythologiques copiées sur les trésors du cabinet des Médicis. Ici, clans un Cicéron2, nous voyons, au milieu d'entrelacs encore médiévaux, trois enfants chevauchant sur des dauphins, ou un personnage nu, assis dans une attitude qui rappelle singulièrement celle de Diomède, dans V Enlèvement du

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