PIERRE DE MÉDICIS
à son protecteur, en 143g, sa détresse et essaye de l'apitoyer sur le sort de six de ses nièces (!), orphelines et en âge d'être mariées'.
Pierre s'occupait en même temps de la décoration des principales églises florentines. Michelozzo construisit pour lui la chapelle du Crucifix, à San Miniato, et prépara, d'après ses instructions, les dessins de la chapelle de l'Annonciation, dans l'église des Servi2. Maso cli Bartolommeo exécuta les grilles qui ferment l'entrée de cette même chapelle, et les chandeliers qui ornent le devant de l'autel3.
Pierre était en outre en relations avec un grand nombre d'artistes étrangers. Citons parmi eux le sculpteur en bois Arduino di m0 Tommaso da Baise, de Modène '1, et surtout le célèbre architecte, peintre et médailleur véronais Matteo de' Pasti. Dans une lettre datée de Venise, 24 janvier 1441, celui-ci lui annonce qu'il exécute pour lui des peintures représentant des triomphes. M. Milanesi, auquel on doit ce renseignement, est disposé à identifier ces compositions avec les tableaux circulaires que l'on voit dans la Galerie des Offices. Matteo de' Pasti se rapprocha, clans la suite, de Florence. Vingt années durant, nous le voyons travailler à Rimini, où il exécuta pour les Malatesta les médailles auxquelles il doit l'immortalité, et où il surveilla, sous la direction de L. B. Alberti, les travaux de l'église Saint-François. Un document, jusqu'ici inconnu aux biographes du maître, nous montre Matteo prêtant, le i5 mai 1464, à Pierre Delfino, de Venise, le manuscrit des Commentaires de Cyriaque d'Ancône, un des plus illustres d'entre les Précurseurs.
Ce que tous ces maîtres recherchaient chez Pierre, c'était non seulement l'homme riche, le fils du tout-puissant Cosme, c'était encore l'amateur éclairé, bienveillant.
La correspondance échangée avec Benozzo Gozzoli nous montre à quel minutieux examen le jeune patricien soumettait les œuvres qu'il commandait aux artistes de son entourage. Il discutait sur des détails qui aujourd'hui ne fixeraient guère l'attention d'un curieux. C'est ainsi qu'il
1. « Ed a mi lasciato dio chon sei nipote fanciulle da marito. » (Carteggio, t. I, p. 141.) Voy. aussi la lettre adressée à Pierre par Domenico Veneziano, en 1438. (Ibid., t. I, p. 1 36.)