REQUÊTES DE BROU830N AU UOI
communion romaine, cl qu'il faut venir â de nouvelle s violences pour les forcer d'y entrer ou de luire semblant d'y entrer.
Les vérités célestes. Sire, sont trop profondément imprimées dans nos cœurs pour pouvoir en être effacées. Quand les violences qu'on exerce contre nous dureraient cent ans, les pasteurs de l'Eglise romaine ne viendraient pas à bout de leur entreprise. Ils feraient vivre vos sujets dans la discorde, dans une mortelle animosité, dans un état fort violent; ils ruineraient votre royaume, mais ils ne réussiraient pas dans leur projet. Nous ne sommes [dus dans les siècles de ténèbres où l'on pouvait espérer de faire perdre au peuple chrétien la connaissance de la vérité avec celle des divines Ecritures. . . (Quatrième Requête).
Brousson tenait là, comme dit Douen, le langage de l'histoire et de la postérité. Jamais il ne s'était élevé plus haut. Jamais il n'avait parlé avec une plus chrétienne hardiesse. Il sentait que son audace paraîtrait dangereuse, et il prévint les objections de ses amis de Hollande1.
Ne vous arrêtez pas, s'il vous plaît, pour les choses que des personnes trop sages vous pourraient dire. . . La vérité ne serait jamais connue, si on ne la mettait devant les yeux de ceux qui l'ignorent. Quoi qu'il en soit. Monsieur, je suis appelé à combattre de cette manière. Les prophètes n'ont jamais pansé légèrement la plaie du peuple de Dieu qui se souillait dans l'idolâtrie. Jean-Baptiste, Jésus-Christ ni ses apôtres n'ont pas usé d'un plus grand ménagement. Je vous demande donc encore cette grâce. Monsieur, que ces requêtes soient imprimées. On verra par là la doctrine que nous enseignons au péril de notre vie.
C'était au péril de sa vie, en effet, et « ayant la mort devant les yeux », que le pasteur venait d'écrire ses Requêtes. Il est très probable qu'il les composa d'un trait, suivant le plan qu'il s'était rigoureusement tracé, dans la première quinzaine de mars, caché aux environs d'Uzès ou de Nîmes, et qu'il les déposa ensuite dans cette dernière ville, toutes prêtes, en cinq a paquets s, et les adresses écrites, avec ordre de les expédier successivement à la Cour. La première, remise au bureau du courrier de Nîmes le lo mars, fut envoyée à M. de Pontchartrain, ministre de l'Etat; la seconde partit pour la même adresse le 22. Les autres devaient être remises : le 14 avril (elle partit le 13) pour M. le Marquis de Barbezieux, ministre et secrétaire d'Etat ; le
t. Lettre du l'J avril. OpBSC., 321.
LES PREDICANTS l'KO TESTANTS
16 (elle partit le 20) pour M. de Barbezieux ; et le 23 (elle partit le (4) pour M. de Pontchartrain '.
Certains indices laisseraient croire que Brousson séjourna peu dans la région basse du Languedoc, et il ne parait pas qu'il y ait prêché. Il y avait couru un premier danger. <t J'avais été découvert, dit-il, dans la ville... [Niraes ou Uzès ?] '. Mais Dieu me fit la grâce de sortir, deux heures auparavant qu'on eût investi le lieu où je m'étais retire ». Il monta vers les Cévennes.
I L. Nègre, p. 19G (Inventaire de Pinon). Lettre du 19 avril, Opusc, 319.
~2 Il s'agit d'une ville connue de son correspondant, lequel n'est pas du Languedoc, C'est plutôt Nîmes. Lettre du -28 avril. Opusc. 323.