BROUSSON A TOULOUSE
innocents, et représenter à S. M. ce qui est le véritable intérêt <lu royaume.
Le 20 juin, de la région de Bédarieux ou de Mazamet, Brousson écrivait à sa femme, qui était originaire de Castres, que la ville, entre les autres, s'était signalée, et que son exemple avait affermi un grand nombre d'autres lieux1. «Je suis tellement édifié de vos quartiers que je ferai mon possible pour y passer et pour y consoler les fidèles». «Je vois, dit-il avec assurance, que cette persécution ne produit pas l'effet qu'on en attendait». C'était le prédicant exposé chaque jour à la mort, qui réconfortait et encourageait les réfugiés, sur la terre où ils priaient en liberté.
Brousson ne fit que passer à Montauban, et n'y fréquenta qu'une seule famille, bien que d'autres noms lui eussent étéfournis en Hollande 2. Il tint aussi des assemblées à Toulouse.
De cette dernière ville, ou des environs immédiats, il écrivit en Hollande, pour dire les joies de sa course, ses espérances, ses projets. Il a composé un sermon sur Les Trois fidèles Hébreux dans la fournaise, qu'il a déjà fait parvenir aux Pays-Bas3. Il envoie sa Lettre pastorale en réponse à l'évêque de Rodez, qu'il a fait lire et recopier sur sa route. Elle touche certains points importants. Il faudrait, dit-il, l'imprimer à la suite des cinq Requêtes, et joindre au tout le sermon. Peut-être pourraitelle être publiée isolément, en petits caractères, afin d'être répandue dans les provinces où elle n'a pas encore été vue, « mais que ce ne soit pas avec cette nonchalence qu'on fait paraître dans ces occasions, et qui ne peut être que fort désagréable aux yeux de Dieu ».
Brousson ne se lasse point. D'ailleurs le succès récompense sa peine. Sa foi lui suggère une image grandiose, et des visions prophétiques :
Dieu a partout ranimé son peuple. En quelques lieux il se trouve encore timide, et dans le même état où était Lazare après sa résur-
1. Opusc, 338. Juricii [Relation de toutee qui s'est fait... Uï.iS) rapporte i p. ùT) qu'a Castres, après la paix, s .1 900 hommes lurent mis en garnison. Ils recommencé rent la dragonnade. Il fallut exiler par lettre de cachet les notables obstinés.
«Seulement six à sept personnes sont allées à la messe».
2. C. 191. Il avait les noms des marchands Rigaud khi Rigal), Lapeyre, Lafare. et ceux <lc MM. (le baron de) La Motte, et Pâlot, gentilshommes.