‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 129 sur 334 · LUS PRÉDICANTS PROTESTANTS · texte numérisé non relu

LUS PRÉDICANTS PROTESTANTS

des « fanatiques » de 1689, avait été lié à l'espérance d" une invasion du Dauphiné, et que les prophètes n'étaient que des simulateurs ; ce ne fut pas sans ironie qu'il demanda au pasteur si sa Relation était exacte. Brousson se redressa.

La relation qu'il fait des prodiges mentionnés dans ledit écrit est Adèle et véritable, excepté quelques endroits qui auraient besoin d'être revus et retouchés, comme il a commencé de le faire. — A quel dessein il lit cet ouvrage '? — Les prodiges mentionnés dans ladite relation lui ont paru si extraordinaires qu'il a cru devoir les mettre dans quelque ordre, et qu'après, elle aurait été trouvée digne de paraître en public, afin que chacun y pût faire ses réflexions.

La seule réflexion que le récit inspire à Bàville, est que Brousson « a fait ce qu'il a pu pour faire recommencer le fanatisme en Yivarais, en obligeant plusieurs personnes de renouveler les mêmes extravagances qu'elles faisaient en 1G89 ». L'accusé, indigné qu'on ose soupçonner non seulement sa véracité, mais la puissance même de Dieu, répond cette fois avec force : « Qu'il n'a jamais eu aucune part dans les prodiges mentionnés dans sa relation, et qu'il est connu en France et ailleurs pour un homme d'honneur, craignant Dieu, incapable d'avoir pris part à la moindre imposture. » Un instant après, il répétait que deux des incidents de son récit qui étonnaient le plus son juge, étaient « de la dernière exactitude ».

Brousson fut confronté à Ducros et à Montredon, qui le reconnurent tous deux. Anne Baudoin ne pouvait comparaître, elle était morte à Montpellier l'année précédente1. Son interrogatoire du H novembre 1691, fut lu au prisonnier. Celui-ci nia à demi avoir établi des anciens à Lasalle (il ne voulait pas les trahir), et protesta qu'il n'avait jamais reçu d'argent de l'étranger, «ayant seulement appris que Yivens reçut une somme de mille livres du roi d'Angleterre».

Le même jour encore (2 novembre). Brousson remit à Bàville la longue Requête au roi qu'il avait demandé la permission d'écrire dans sa prison. Cette pièce, que M. Corbière a reproduite dans son Histoire de l' Eglise Réformée de Montpellier" , est à la fois une protestation judiciaire contre une procédure

1. Son extrait mortuaire, qui est joint au dossier, fixe sa mort au 17 décembre 1697 : ■ Anne Baudouine, femme de M Armand le jeune, âgée de vingt-quatre ans. ensevelie dans l'église Sainte-Anne...

2. Page 310. Elle est conservée dans le Dossier Brousson en deux exein]>

la minute primitive-, et la copie mise au net, qui est aussi delà main de Brousson.

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