‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 140 sur 334 · CHAPITRE XYIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIII

LA DÉCLARATION ROYALE DE DÉCEMRRE 1698 (Juin 1698 — Juin 1699)

Les protestants n'admettaient pas que le roi d'Angleterre n'eût rien obtenu pour eux de Louis XIV. Ils le pressèrent encore d'agir. Une lettre partie de La Haye le I" mars 1G98, rend compte de leurs démarches avec un optimisme ingénu'. Les réfugiés de Suisse et d'Allemagne ont présenté une requête au prince. Il leur a déclaré que dans peu de temps ils pourraient retourner dans leur patrie, et y jouir de toutes les libertés de leur religion.

Les réformés du Poitou lui ont écrit directement, pour le supplier de demander au roi de France l'exercice de leur religion, ou la permission de sortir du royaume et d'emporter leurs biens:

« Sur quoi S. M. leur a fait une réponse écrite de sa main, qui doit faire plaisir à tous les religionnaires de France, disant qu'il y avait longtemps qu'il compatissait avi-c eux de tous les malheurs qui leur étaient arrivés touchant leur religion; qu'il aurait déjà songé à eux s'il n'en avait été empêché par la guerre qu'il venait de finir avec la France, etc. [sic], que M. de Portland, son ambassadeur auprès de Sa Majesté Très Chrétienne, y avait été envoyé en partie pour traiter cette affaire. Je vous aurais envoyé des copies de ses lettres, mais en substance vous en voyez la teneur ».

Le duc de Portland arriva à Paris aux premiers jours de mars. Il y venait négocier secrètement un traité de partage, en vue de la Succession d'Espagne que l'Europe prévoyait devoir s'ouvrir bientôt. Il avait aussi l'ordre, en ell'et, de parler en faveur des protestants français. Sa requête allait être éludée comme les précédentes ; mais la lettre de La Haye prévoyait un retardement

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