fev
c Ji
MINISTRES ET PROPOSANTS (?) 357
de pasteurs, il est permis à tout le monde de prêcher ». D'ailleurs il se tait, quand le juge lui demande « où cela est dit? ».
Il résulte du témoignage de Méjanel, que dès le retour de Vivent, un semblant d'organisation ecclésiastique aurait été esquissé dans les Cévennes. Parmi les prédicants, on distingue les ministres et les proposants.
Les dossiers judiciaires nous permettent en ellét de constater, à partir de 1690, entre les hommes qui se vouent au relèvement de l'Eglise, une diversité de fonctions ou de dignité dont ils conviennent eux-mêmes sans détour.
La femme de P. Lafont, de Sainte-Croix de Caderles, disait à Anne Baudoin' en parlant de sou fils Louis, qui suivait «de temps en temps» les prédicants, que «si elle pouvait le laisser aller avec eux plus longtemps qu'elle ne faisait, il aurait bientôt appris de prêcher ; qu'il commençait déjà de bien faire la prière». Les aveux de Compan et de son accompagnateur Gay sont ici précieux. Ils nous désignent les échelons successifs de la carrière nouvelle2.
Compan, jeté dans la campagne par la démolition île sa maison des Bousquets, ne tarde pas (fui 1690) à joindre les Plan, et pendant les trois mois (nov. 1690-janv. 1691) qu'il les suit, son occupation est « de lire la Sainte-Kcriture aux assemblées qu'ils font». Au début de 1691 il passedans la compagnie de Lapierre. Il est encore lecteur, mais « il commence pour lors à faire des prières aux assemblées». Enfin, après la mort de Vivent (mars), il se sépare de Lapierre, et en mai s'unit à Pierre Gay. Maintenant il célèbre lui-même de petits cultes, où il lit des sermons. des chapitres de la Bible, prononce des prières, chante les Psaumes, «mais il n'a jamais prêché par cœur, dit-il, n'étant pas assez savant pour cela ». Gay. qui « a suivi Dauphiné cinq ou six mois, La Jeunesse autant, et Lapierre environ un mois en plusieurs fois» (fin IG'.tO - mai 1692), est à la fois moins habile que son compagnon, car il ne sait ni lire ni écrire, et plus expérimenté, car s'il chante les Psaumes par cœur, et fait la prière, il « exhorte » aussi g le peuple à se convertir, et à n'aller plus à la messe*.
Pourtal réunissait les talents de Compan et ceux de Gay. Dans les assemblées qu'il tint depuis lt>93. il lisait la Bible, chantait des Psaumes, priait, donnait lecture d'un sermon de