J. Lemoiue, p
Avant 1685 les réformés de France avaient déjà consulté relativement au baptême des enfants. Les uns avaient été d'avis que, en L'absence des ministres, leurs fonctions se trouvaient dévolues aux pères de famille, qui pouvaient par conséquent administrer le baptême légitimement. D'autres, au contraire, estimaient dangereux d'introduire une pratique nouvelle, favorable au préjugé delà ai essitë du baptême et sujette aux chicanes des adversaires ». (E. Benoît, Bist. Ed. de Nantes, V, 705).
'.. C. 170. Dossier Mazel. - A Saint-Sébastien, Vézenobres, L'Hôpital de Lozère et Sommièrcs ».
S. Brousson note cependant que vers (Jzès, on ne portait point de nuit les enfants aux assemblées. La cérémonie célébrée dans la maison, le jour, donnait lieu a un culte intime.
■'!?('> LES PRBOICARTS PROTESTANTS
Les baptêmes au Désert étaient relativement peu nombreux. Il semble que de bonne heure les Nouveaux Convertis acceptèrent sans trop de répugnance de porter leurs enfants au prêtre'. Une lettre foudroyante de Brousson les rappela à leur devoir2. L"assimilation du baptême catholique au baptême protestant parait intolérable au prédicant. « Lorsque les catholiques romains se souillent dans l'idolâtrie, ils pèchent par ignorance, c'est pourquoi, lorsqu'ils se convertissent... au Dieu vivant et véritable, Dieu leur fait miséricorde... ; au lieu que lorsque ceux qui connaissent la vérité se souillent, contre les lumières de leur conscience, dans les abominations de cette impure Babylone. ils commettent un péché beaucoup plus horrible devant Dieu ». Les édifices du culte catholique, par leurs statues, et surtout par leurs hosties, sont les temples des idoles. Servir les idoles, c'est servir les démons, suivant une parole de Saint Paul (I Cor., X, 19, 20). dont Brousson a fait le texte de l'un de ses sermons aimés, et qui revient constamment sous sa plume. « Participer à une cérémonie de cette Eglise impure et infidèle... qui est devenue la Synagogue de Satan, le repaire de tout oiseau immonde et exécrable (Apoc. XVIII, 2), c'est tomber de nouveau dans l'apostasie, se révolter par là contre le Dieu vivant, quoique une première révolte rende déjà les coupables dignes des flammes éternelles de l'enfer ». Nous ne savons si les objurgations de Brousson arrêtèrent beaucoup de Nouveaux Convertis sur le seuil des églises. Plus d'un, sans doute, voulut d'abord présenter son enfant à un ministre, quitte à le porter ensuite au prêtre. Mais nous avons vu Vivent se refuser (1691) à un calcul de ce genre, et répondre qu'il ne voulait pas qu'un enfant fût baptisé deux fois. Le « Synode » de Montpellier devait adopter les mêmes vues. Il y fut résolu que les prédicants n'acquiesceraient aux demandes des parents, que lorsque ceuxci promettraient de refuser ensuite de présenter l'enfant au curé, « à cause de l'altération que l'Eglise a faite au baptême 3».
La question du mariage était plus grave que celle du baptême. Le mariage n'était point, pour les réformés, un sacrement.
I. Le Registre catholique de Lasalle, du 13 octobre 1685 au 30 octobre 10S7. rani- Lionne *:; baptêmes d'enfants appartenant a des familles «le N. C.
•2. « A tous les Réformés de France qui persévèrent encore dans leur recolle ». De .m- doute. (Douen, II, 430),
3. liull. I.. 344. I.e Synode aurai! décidé « qu'on écrirait dans un registre le nom de l'enfant, avec celui du père et de la mère ». Nous n'avons retrouvé aucune trace d'un « certilicat de baptême » dressé par un prédicant.