‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 204 sur 334 · TS LES PRBDICANTS PROTESTANTS · texte numérisé non relu

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une semblable lâcheté, et que vous ne sauriez éviter d'en être reniés éternellement devant ses anges, pour avoir eu la lâcheté de le renier encore si malheureusement et si scandaleusement ou si volontairement devant les hommes. Je n'en dirai pas davantage, parce que cela doit suffire ou pour votre condamnation, si vous n'en prolitez pas. ou pour votre bonheur éternel, si vous savez en profiter comme il faut.

Trois mois plus tard, le «. Synode » de Montpellier examinait la question'. Mais rien ne montre mieux comment l'assemblée n'était en réalité qu'une sorte de conférence entre quelques prédicants, et combien elle était peu soucieuse de rétablir la stricte Discipline dans les Eglises. Malgré l'Epître de Brousson, et la Lettre de Clarion, les ministres furent contraints de céder au courant. La résolution qu'ils prirent supprima toutes les discussions : les pasteurs du Désert devaient refuser de bénir les mariages contractés entre religionnaires. La raison alléguée était que les contrats enregistrés chez les notaires, portaient la formule : « Ayant embrassé la R. C. A. et R., y veulent vivre et mourir ».

Nous ne savons pas d'ailleurs si, en 1(394, un prédicant avait encore béni un mariage dans le Bas-Languedoc. Roman est. à notre connaissance, le seul ministre qui ait uni deux époux suivant les formes de la Liturgie réformée, et c'était en 1G9G. En 1700, la situation ne s'était point modifiée. Les fiancés N. C. ne demandaient pas la bénédiction nuptiale à leurs prédicants. D'autre part, les prêtres catholiques ne leur accordaient celle de l'Eglise qu'à des conditions que les aines rebelles jugeaient inacceptables. « On trouve, dit un Rapport de 1700, qui concerne le diocèse de Mende, un grand nombre de concubinages publics et scandaleux, parce que ne pouvant leur administrer le sacrement de mariage sur le peu de marques qu'il donnent d'une sincère conversion, après avoir passé le contrat de mariage ils habitent ensemble comme mari et femme ». A Sainte- Croix (Valfrancesque), Henri Blanc et Françoise Bonniol sont fiancés depuis quatre ans. Ils vivent ensemble depuis ce temps, et ils ont un enfant. « sans que tout ce qu'on leur a pu dire et faire ait été capable de les séparer »-. Un Rapport relatif au

i- /'////, !.. 345. Il y a la une nouvelle preuve que la Lettre de L695 n'est pus un document supposé.

-2. Bouquette, I, p. 24 (p. 18). A la lin de 1697, Servières, de l'Hôpital (Pont de Montrer!) est accusé « d'avoir une fille qui a eu un enfant, pour dire qu'elle n'est nariée a L'église ". C, 170. Dossier de l'Ass, de Montcuq.

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