‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 208 sur 334 · LES ABJURATIONS · texte numérisé non relu

LES ABJURATIONS

ic Avant fini le sermon, continue la Lettre de 169o, ils demandent à toute l'assemblée s'il n'y a pas quelqu'un qui se veuille réconcilier avec Dieu et avec son Eglise, et entrer par ce moyen dans la Communion des Saints, qu'ils avaient lâchement abandonnée. Alors ceux qui se trouvent dans ce sentiment se viennent mettre à genoux devant eux ». Il s'agit de recevoir dans l'Eglise des apostats repentants. Seuls en effet, ont le droit de se présenter à la table sacrée ceux qui n'ont point renié leur Sauveur. Vivent, au Moulin de Montvaillant, a refusé la communion à Mlle de la Jonquière parce qu'elle a changé de religion (1686). Quelques semaines plus tard, il a demandé à son auditoire de jurer solennellement qu'il renonçait à la messe. Sans doute ces « réconciliations » collectives ont été d'abord seules usitées, mais, dès 1(JS9, une coutume nouvelle s'établit, qui n'est que le retour aux usages traditionnels. Les protestants coupables, sont individuellement appelés à un acte de « repentante ». comme il s'en était l'ait dans les temples du xviie siècle, et comme les Eglises du refuge en enregistraient encore depuis la Révocation ' . Jean Mazel portait sur lui. lors de son arrestation, un petit billet écrit de sa propre main : a La fille d'Etienne Pourquier, du lieu d'Andajac, a fait réparation aux pieds de l'Eglise le 13 du mois de janvier [1090] » '. En 1691, l'habitude était fermement établie. Anne Baudoin, a vu «. faire des abjurations s à toutes les assemblées auxquelles elle a assisté. En 1697, à Montcuq, Roman, après son sermon, ordonne « à tous ceux qui ne veulent pas aller à la messe, de se mettre à genoux ».

A ces frères qui implorent le pardon de Dieu, le ministre adresse une allocution spéciale. 11 leur remontre l'énormité du péché qu'ils ont commis. Il leur demande s'ils renoncent de bon cœur aux erreurs de l'Eglise romaine, qu'il énumère, en les résumant : s'ils veulent vivre et mourir dans la religion réformée. Chacun d'eux doit répondre en particulier. Il leur rappelle encore à quelles conséquences pratiques doit aboutir leur serment, les exhorte à ne participer à aucune cérémonie catholique, et prononce enfin une formule d'absolution : « Au nom et en l'autorité de Jésus-Christ, et comme fidèle ministre de sa Parole, je vous annonce la rémission de tous vos péchés, et qu'il n'y a plus maintenant pour vous aucune condamnation, puisque vous

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