‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 219 sur 334 · Voir I, p · texte numérisé non relu

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40i LES PRBDICANTS PROTESTANTS

dans les versets qui la précèdent et qui la suivent, la description de la papauté et de ses images taillées ?

A ces accents vengeurs, les prédicateurs savaient ajouter des notes plus douces. Endurcis au danger, capables d'une hardiesse et d'un sang-froid peu ordinaires, ils demeuraient sensibles à la simple émotion humaine. Nous avons parlé des larmes versées par Rocher après le massacre d'Aygalliers'. Les cœurs contrits et brisés voulaient être relevés par le pardon divin, écouter la prédication de la grâce après celle de la justice. Bonlils avait développé les mots de Saint Paul aux anciens d'Ephèse (Actes, XXI. 32) : « Je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce » :. Un autre prédicant avait choisi pour texte, un soir, n'ayant sans doute point de Bible, le début du Psaume 80, qu'il savait par cœur :

« O Dieu, qui vois comme on nous mène, Fais que ta bonté nous ramène »3.

Vidal, après ses anathèmes contre les « déserteurs de Dieu ». annonçait les promesses d'Esaïe (LV, 6, 7) : « Que le méchant délaisse sa voie, et qu'il retourne à l'Eternel, et il aura pitié de lui ; et à notre Dieu, car il pardonne tant et plus »4. « Il pénétrait le cœur de ses auditeurs », dit Brousson, qui recueillit dans les Cévennes le souvenir des succès du cardeur boiteux de Colognac ; « quelquefois même, après avoir achevé sa prédication, voyant de nouvelles troupes de peuple qui arrivaient dans le lieu de l'assemblée, il leur disait : Venez mes frères, il y a encore pour vous du Baume en Galaad. J'ai encore, par la grâce du Seigneur, des consolations à vous départir, et làdessus il leur disait des choses si touchantes qu'il les faisait fondre en larmes »5.

Des tout premiers de ces orateurs ardents, nous ne possédons plus rien, que le témoignage de ceux qui les avaient entendus. Très probablement ils n'écrivaient pas leurs discours. Nous n'avons pas une ligne de Vidal, dont l'oncle, plein d'orgueil, disait « qu'il prêchait mieux que les prêtres », et dont

l. Voir I, 157.

i. I. ISS.

:i. Ihid.

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