‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 227 sur 334 · I. C. 173. Voir plus haut. pp. 74, Sj ss · texte numérisé non relu

I. C. 173. Voir plus haut. pp. 74, Sj ss

t. Publiée par I). Hennit (dans sa brochure sur 1*. Colognac, p. 17). qui a cru qu'elle était de la composition du prédicant.

3. Elle débute ainsi : « Chers frères et sieurs au Seigneur. Lorsque je inédite votre état déplorable, je ne saurais tenir mon cœur sans soupirer, ni bien soin ent *an> verser des larmes, de sorte que j'ai souvent souhaité avec le prophète Jereinie que tua tête se fondisse (sic) en eau... »

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COLOGXAC ET MERLAT i'21

viennent de l'étude particulière du prédicant, ou plutôt d'indications que lui ont fournies également des livres ; (tel est le cas, pour une énumération de passages relatifs à l'expression « ne crains point * , ou à « la petitesse du troupeau » des vrais fidèles). Des transcriptions moins serviles retiendront notre attention. Colognac possédait deux sermons autographes de Brousson, l'un sur Jésus, le chemin, la vérité et la pie (Jean, XIV, 6), l'autre sur Les démons servis dans les idoles (I Cor.. X, 19-21). S'il les a prêches, ce fut sans les avoir recopiés, et sans y apporter d'autres changements que des modifications orales. Mais certains manuscrits avaient exigé de lui un travail attentif. Il s'agit ici de deux sermons et de deux « analyses » (plans détaillés), dont Merlat était l'auteur. Colognac les tenait, dit-il, de Vivent. Ce dernier les avait-il rapportés de Lausanne en 1689, ou Merlat, plus tard, les avait-il envoyés aux Cévennes par quelque « courrier » des prédicants ? Il n'importe. Le pasteur qui blâmait si fort certains côtés de l'activité de Brousson, avait jugé cependant légitime de venir en aide aux auxiliaires de celui-ci. Il avait jugé propres à l'édification de l'Eglise renaissante des sermons qu'il avait prêches dans la Saintonge avant son exil. Or, à y regarder de près, aucune prédication ne convenait moins que la sienne aux assemblées du Bas-Languedoc. Brousson disait au sujet de Merlat. dès 1088. qu'il n'était point édifié de sa manière de prêcher, « trop philosophique ». Brousson n'avait pas tort. Qu'on en juge plutôt par ces quelques phrases empruntées à la I" partie de l'un des sermons du dossier Colognac '.

Il y a donc. . . trois sortes de morts, reconnues par les théologiens, et rapportées dans l'Ecriture Sainte. La première, est la mort de l'àme raisonnable qui consiste dans le péché... La seconde, est la

t. Sermon d'Elie Merlat fies doux derniers mots ont été effacés d'un coup de plume, mais on les lit encore] sur te verset i' V" du tî< Chap. de l'Epître aux Romains: Car les gages du péché, c'est ta mort, ruais If don de Dieu, c'est la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur. Le sermon tient en -2.î pages, d'un format petit in-16, et d'une écriture fort serrée. Il porte, a la lin : Fait le 16 et 1 - d'octobre l658. Récite a Saint-Fort, le 2- d'octobre i658 ; à Saintes, le i nov. 16SS ; a la Roche Chalais, le iS janc. 1660; à Saint-Georges, le lendemain de Pasques 1660.

L'autre sermon, autographe également, est intitule : Sermon d'JBlie Merlat. sur le versetS du j Chapitre de l'Epître de Saint-. lacunes. C'est un cahier de is pages, du même format que le précèdent. Il porte, a la tin, la signature Merlat. et les mots : Fait à Saintes, le g septembre 16G0, et récité le 12 pour la Cène. Récité 1. à Saintes, le 12 septembre 1660. 2. à .Xieute [\icul\. le 8 janvier 1662 pour la Cène. 3. à Pons, le ï d'acril itiièj. Tous les mots que nous avons soulignés sont encore lisibles sous les traits de plume qui les ont autrefois effacés.

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mort de l'âme sensitive qui consiste dans le bomrèlement de la

conscience... Et la troisième, enfin, est la mort du corps... Or, toutes ces espèces de mort étant comprises sous le nom général qui est employé dans notre texte, il est visible que la mort. . . enferme dans sou enceinte toutes les misères imaginables. Car, puisque nous n'avons que deux sortes d'êtres, l'être naturel et l'être moral; et puisque notre être naturel n"a que deux parties, c'est à savoir l'àiue et le corps, il suit nécessairement que nous ne pouvous être sujets qu'à trois sortes de misères : la première qui détruise notre être moral ; la seconde, qui anéantisse notre être naturel, daus l'âme; et la troisième, enfin, qui abolisse ce même être naturel, dans le corps. Or, la mort spirituelle qui consiste dans le péché, cause le désordre de notre raison; la mort éternelle qui consiste dans les peines de l'enfer, perd absolument notre Ame; et la mort corporelle, enfin, qui consiste dans la séparation de l'Ame avec le corps, ruine ce corps même à qui elle ravit l'âme. Il est donc constant que la mort attaque la raison, l'âme et le corps; qu'elle détruit le corps, qu'elle désespère l'âme, qu'elle trouble la raison. En un mot qu'elle nous tue. qu'elle nous damne, et qu'elle nous rend pécheurs.

Que Merlat ait pensé que des développements de ce genre pourraient être redits par les pasteurs extraordinaires, cela dénote de sa part une candeur ou une présomption qui passent la mesure. Mais que Paul Colognac les ait lus, et qu'il ait essayé de les adapter à sa propre capacité et à celle de ses auditeurs, voilà qui est peut-être plus surprenant encore. Or, tout le début du second sermon, qui est conçu dans le même style que le premier, a été étudié par le prédicant. La plume à la main, il l'a abrégé, en a transcrit ce qu'il en pouvait comprendre, et a laissé le reste. Assurément certaines des liaisons par lesquelles il a dû rattacher les phrases ainsi copiées par lui, sont aussi inexpérimentées, par exemple, que celles de Jean Roques, et il a commis plus d'une bévue. Mais on pourra décider, d'api es la double transcription que nous donnons ailleurs, si le résultat n'excite pas plus d'admiration que de surprise'.

Les « analyses » de Merlat n'imposaient pas à Colognac une tâche plus facile. Les subtilités dogmatiques ou philosophiques s'y étalaient avec une pareille gravité. Toutes deux développaient des paroles empruntées à l'Apocalypse, mais dans un langage qui ne rappelait ni les explications de Jurieu, ni celles de Brousson. Pour exposer la parole du Christ à l'ange de Laodicée (Apoc, III, 17, 18) : Tu dis : Je suis riche. . . et n'ai

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