‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 247 sur 334 · LES POESIES DU DESERT · texte numérisé non relu

LES POESIES DU DESERT

Nous pensions transcrire dans notre travail les quelques vers de controverse, d'exhortation ou d'espérance que nous avions retrouvés aux Archives du Languedoc. Mais l'abbé Rouquette (Les Poètes Cévenols) nous a devancé. Il a constaté avec naïveté que le protestantisme mourant « n'a pu produire même (sic) un Agrippa d'Aubigné » (p. 40), et nous le reconnaissons sans effort. Mais on lira cependant dans sa brochure, avec un intérêt soutenu, les poésies populaires qui demeurent de la grande tourmente sous laquelle se courba le Languedoc après la Révocation. Reste à savoir si tous les lecteurs déclareront comme lui qu'elles sont un « témoin historique du néant de l'âme [du peuple protestant] » et qu'elles nous apprennent « le vide immense, la solitude dans laquelle elle devait vivre ».

On y retrouvera en effet, à y regarder de près, quelques chansons du xvie siècle et des strophes de Psaumes, qui n'ont jamais passé, jusqu'à présent, pour dépourvus de substance spirituelle. Pour les autres vers, s'ils manquent d'art, il est puéril de s'en étonner, étant donnés les hommes qui les ont composés. Si enfin la haine du catholicisme s'y manifeste brutalement, est-ce au protestantisme seul qu'il convient de s'en prendre ?

Nous ne songeons pas à recopier intégralement des pièces déjà publiées. Mais nous dresserons à nouveau la liste des poésies imprimées par l'abbé Rouquette, en l'accompagnant de quelques compléments, observations ou rectifications.

§ I. — Dossier Crouzil'.

L'abbé Rouquette transcrit, sans indication, deux poésies sur la démolition du temple de Montpellier. Elles proviennent du dossier de Crouzil, l'aveugle de Clermont-l'Hérault (^C. 163).

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