Rouquette, p. 19 ; C. 163 (voir plus haut, I
451 LES PRKDICANTS PROTESTANTS
Ce sont en réalité deux versions successives de la même chanson, que Crouzil avait fait recopier par son neveu, en tête d'un Livre de chansons espirituelles qu'il pensait augmenter, sans doute, de pièces analogues. Elle se chantaient, comme le porte le titre, sur l'air du Psaume 38, qui débutait par Las, en ta [fureur aiguë, Ne m'arguë De mon l'ait. Dieu tout-puissant]. Elles montrent les réformés du Bas-Languedoc prévoyant dès la chute du temple de Montpellier les ruines qui devaient suivre, l'exil, et aussi le culte au Désert.
. . . Ceux de l'Eg-lise Romaine
Sont en peine Quand et qui viendra le temps Qu'on nous abatte nos temples.
Par exemple N'en seront pas plus contents.
On verra sortir en lile
De la ville Quantité îles habitants Chacun avec sa famille
Fils et tilles S'en iront battre les champs. . .
. . . Pour aller ouïr le prêche
Si l'on prêche Dans les lieux les plus affreux.
Alors nos prières grandes
Pour oll'randes Monteront jusques aux Cieux... ■
Le même dossier contient d'autres vers, d'une main un peu plus exercée : un Sonnet sur les Brebis errantes, quelques quatrains qui sont une prière d'humiliation, un autre quatrain enfin, et un dizain, sur la démolition des temples. Le tout avait été déjà publié par le pasteur Corbière5.
1. Lu mime chanson a été recueillie par A. Court (17, G, 396). Les strophes, dans cette dernière transcription, sont placées dans un ordre différent des deux copies de Crouzil. Le texte offre aussi quelques variantes.
2. Bull. XXX, ûi7. Il faut, à la pag:e 547, joindre le second quatrain aux six vers qui suivent. Dans l'original, le dizain est nettement isolé.