‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 264 sur 334 · Colognac devait être lui-même roué à Marsillargues · texte numérisé non relu

Colognac devait être lui-même roué à Marsillargues

Mais nous, ne nous étonnons pas.

Plutôt endurons le trépas En délaissant tout ce bas monde.

Nos ennemis se lasseront Quand nos souffrances ils verront Parmi toute la terre ronde.

II faut souffrir pour Jésus-Christ Les souffrances que 1" Antéchrist Nous fait souffrir dans ce bas monde.

Pour être heureux dedans les Cieux 11 faut souffrir dans ces bas lieux Toutes les souffrances du monde.

C'est pour [par] un chemin épineux Qu'il faut entrer dedans ces lieux Pour y recevoir la couronne Que Jésus-Christ nous a promis Pour mettre fin à nos ennuis.

O que c'est une chose bonne ' !

1. Colognac portait sur lui quelques autres vers (Rouquctte, p. 55), où nous reconnaissons deux lignes d'un Psaume, suivies sans doute d'une ancienne chanson spirituelle. (Orth. orig.)

— Las ! mon Dieu, je sens mon âme Qui de grand désir se pâme. (Psaume 12).

— Las ! Quand il faut que ces traîtres je voye Je meurs d'ennui de quoy si lâchement

De ta parole ils ont laissé la voye ! Donne nous ton secours d'en haut, Contre celui qui nous assaut, Renversant par ta bonté grande De ces haineux toute la bande.

Le cantique :

O le Dieu fort, arbitre de la guerre Fais triompher les armes d'Angleterre,

que l'abbé Rouquctte a cru devoir réimprimer (p. 73) est connu depuis longtemps comme un faux, de fabrication catholique, paru en Languedoc en 1744 (Bull. LV1I, 201).

Ajoutons, en terminant, que le prédicanl David Couderc avait dans son havresac « plusieurs chansons sur le chant de plusieurs Psaumes, que Vivent lui avait données ». (C. 172: elles ne sont plus dans son dossier) ; et qu'une perquisition du ï'i avril 1691 lit découvrir chez le S' Bource, à Pézenas, deux feuillets de vers. L'un contenait Les adieux de Madame la Princesse d'Orange à son mari [quand il s'embarqua pour l'Angleterre], l'autre débutait par les mots : « Quand le Sauveur du monde inspire le courage... ». (C. 171. Le sonnet sur les Adieux se retrouve Pap. Court, 19, f- 170).

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