‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 265 sur 334 · Acte des ministres du Colloque de Aimes · texte numérisé non relu

Acte des ministres du Colloque de Aimes

(Pap. Court, n" 44.)

Acte représenté par M. le Commissaire du Roi [au procès du pasteur HomelJ.

Copie de l'acte fait en ma maison, du 20 août 1683.

Nous soussignés, croyons que pour sauver nos âmes et pour éviter la ruine entière des Eglises, dont nous sommes menacés, nous sommes obligés de prêcher et de faire tous les exercices publics et particuliers de notre Religion dans tous les lieux où nous avons droit par l'Edit [de Nantes] de le faire, et que cette résolution est fondée sur la doctrine de Jésus-Christ, sur la pratique des Apôtres, l'exemple de la primitive Eglise et de nos premiers réformateurs, sur l'article 26 et 40 de notre Confession de foi, le règlement du dernier Synode national tenu à Loudun touchant les annexes, et l'arrêté du dernier Synode de cette province [du Bas-Languedoc] tenu à Uzès, touchant la réception des catholiques romains à notre communion. Et qu'en rendant à César ce qui est à César nous devons rendre a Dieu ce qui appartient à Dieu.

Cet écrit a été signé par 2o ministres du Colloque de Nîmes, et même par le Sr Baudan père, du Colloque d'Uzès.

Paraphé ne varietur le 10 octobre 1683 par le Sr Homel, par Monseigneur d'Aguesseau, intendant, et le Sr Molière, adjoint.

Vœu de Sainteté du pasteur F. Dubruc.

[Aulas. Archives du Consistoire. Pap. Teissier.]

Vœu de sainteté que moi François Dubruc, ministre d' Aulas, voue à Dieu, pour le garder fidèlement jusques à ma mort, priant de tout mon

'i'i V1KC.ES JUSTIFICATIVES. II.

cœur ce grand Dieu, qui a mis en mon cœur ce désir, de me donner les forces pour le bien garder, au nom de son Fils Jésus- Christ, en qui il a promis d'avoir nos personnes et nos prières pour agréables. Amen.

1° Je déclare devant Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Sainte et très adorable Trinité que je sers et adore avec tout respect, que je suis pécheur, même grand pécheur ; que je lui demande pardon de tous mes péchés en général et d'un chacun en particulier : que je les délaisse, pour obtenir miséricorde et vivre à l'avenir plus justement, plus sobrement, et plus religieusement que je n'ai pas fait par le passé.

2e Je voue à Dieu de le prier par chaque jour, six fois le jour. Savoir : trois fois en présence de ma famille, le matin en nous levant du lit, avant prendre le repas du matin, et le soir avant que de se coucher ; et les autres trois fois en mon particulier : la première quelques moments avant que de dîner, la seconde depuis midi jusquesau soir, et la troisième avant que de souper.

3° Je voue à Dieu de ne me coucher jamais que je n'aie lu, me tenant debout et tète nue, le Psaume 103e tout entier, le Psaume i 10e tout entier, et le Psaume 118e pour son commencement.

4° Je voue à Dieu de faire lire ou de lire sa Sainte Parole par deux fois le jour, savoir un chapitre après avoir dîné et deux après avoir soupe. Que si cas d'empêchement arrive (que Dieu ne veuille !) je le remplacerai dans le jour ou le lendemain.

5° Je voue à Dieu de jeûner en particulier une fois tous les mois de l'année, prenant, dans la circonstance de la Sainte-Cène, le samedi qui précédera la première, et pour les autres temps un des jours dudit mois qui me sera le plus commode.

6° Je voue à Dieu que lorsque je veillerai dans la nuit, je m'adresserai à lui ou par prière jaculatoires, ou par le récit du Psaume 3s composé par M. de Godeau, qui commence : Seigneur qui jusques ici. . .

7° Je voue à Dieu que s'il m'arrive de mentir, ou de dire quelque parole sale, ou de jurer, je lui en demanderai pardon, et pour punition, je donnerai pour chacune de ces fautes trois Iiards aux pauvres.

8" Je voue à Dieu que si je viens à manquer dans mon vœu pour ce qui regarde les prières, je donnerai de mon bien aux pauvres, pour trois sous de chacune. Si j'omets de lire les Psaumes, je donnerai un sol auxdits pauvres. J'en ferai de même si j'omets de lire les chapitres de l'Ecriture Sainte, et si

je manque dans mon jeûne, je donnerai cinq sols auxdits pau- Tres.

9° Je voue à Dieu qu'en célébrant mes jeûnes particuliers, je ferai des prières, chanterai des Psaumes, et lirai des chapitres de l'Ecriture Sainte.

Grand Dieu, accepte en tes grandes miséricordes et pour l'amour de Jésus-Christ ton Fils, mon hommage, et daigne y flairer une odeur suave d'apaisement envers moi.

Fait à Aulas ce mercredi 13e décembre 1684, étant dans mon cabinet.

F. Dubruc.

Déclaration du roi, du 3 septembre i6S5.

[E. Cambolive. Histoire de divers événements..., p. loi.] (Orth. orig.)

[Cambolive trouve vers Castelnau de Brassac quelques Messieurs protestants qui le reconnaissent.] L'un d'eux qui venait de Toulouse me dit qu'il avoit eu avec beaucoup de peine une copie d'une déclaration du Roi fort violente contre toutes les femmes et filles, que le Parlement faisoit difficulté d'enregistrer. Je le priai de me permettre de prendre copie sur la sienne, ce qu'il m'accorda. La voici rapportée :

Louis par la grâce de Dieu Roi de France et de Navarre. A tous ceux qui ces présentes verront, salut. Les Intendans de nos provinces nous ayant fait connoitre la docilité avec laquelle nos sujets que la naissance a tenuz jusqu'ici malheureusement engagez dans les erreurs de Calvin, rentrent tous les jours dans le sein de l'Eglise Romaine notre mère, y estant poussés par les vives lumières que nos Evèques et missionnaires répandent de tous côtés et par l'inclination filiale qu'ils ont à se rendre enfin aux soins paternels que nous employons depuis si longtemps à les ramener dans les voies du salut, nous avons jugé que c'étoit de notre piété royale et de notre devoir de ne rien oublier pour achever l'œuvre du Seigneur. Et parce qu'on nous a donné à entendre que rien ne s'oppose tant à la Sainte Résolution que Dieu nous inspire à purger notre Royaume en-

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