PIECES Jl'STll-'ll'.ATIVES. III. IV
tièrement de l'hérésie, que l'opiniâtreté des femmes, qui ne se contentans pas de refuser les Instructions que les Catholiques leur offrent si charitablement tous les jours, osent faire du bruit jusques dans leurs maisons contre leurs maris ou parens qui témoignent de bonnes inclinations à embrasser notre Sainte Religion : Youlans arrêter pour l'avenir tous scandales et désobéissances criminelles aux maris et parens.
Ordonnons que toutes les femmes et filles qui n'auront point abjuré l'Hérésie de Calvin huit jours après la publication de ces présentes, seront enfermées dans des Couvens pour y être instruites pendant un mois, après lequel si elles témoignent encore des opiniâtretés, elles seront contraintes de jeûner, prier, prendre les disciplines avec les autres religieuses des Couvens où elles seront, jusques à leur entière conversion1. Enjoignant à tous les maris et parens à dénoncer leurs femmes, filles et parentes qui se trouveront dans le cas de notre Présente Déclaration, à peine d'être punis, conformément aux ordres que nous avons donnez à nos Intendans, auxquels défendons par exprès d'user envers aucuns contrevenans d'aucune modération. Et enjoignons de punir d'amendes et de peines corporelles, s'il est nécessaire, ceux qui voudront les solliciter de relâcher en quelque manière de la sévérité de nos Loix, en faveur de qui que ce soit, sans exception. Donné à Versailles le 3 septembre 1085 et de notre Règne le 43. Signé Louis et plus bas Phelipeaux.
La dragonnade.