‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 30 sur 334 · LETTRE DE BROUSSON A BAVILLE · texte numérisé non relu

LETTRE DE BROUSSON A BAVILLE

d'eau. Des veuves leur avaient envoyé des gâteaux en leur disant : C'est le pain de la veuve de Sarepta » '.

A Nîmes, comme dans les campagnes d'Uzès, Brousson avait des amis nombreux et sûrs. Il osait aflirmer « qu'ils périraient plutôt que de le déceler ». Dans le nouvel effort que Bà ville tenta pour se saisir de lui, il dut compter avec le respect et l'affection dont les predicants étaient entourés. Un placard du 26 juin promit derechef 5,000 livres pour la prise de Brousson et porta à 1,000 livres (au lieu de 300) la somme offerte pour La Jeunesse. Mais la prime était proposée, cette fois, à quiconque découvrirait Brousson (ou son compagnon) et donnerait le moyen de le faire arrêter, a sans que celui qui nous donnera l'avis, disait Bàville, soit obligé de paraître et de se déclarer à nous qu'après que ledit Brousson aura été pris, en nous faisant connaître que l'avis nous a été donné par lui, et sans qu'il soit obligé de nous donner aucune reconnaissance du payement de ladite somme, lui promettant que nous ne le découvrirons jamais... Ces avis nous pourront être donnés par des lettres non signées qui seront mises à la poste, ou par telle autre voie que l'on jugera à propos»'.

L'alliche signalait Brousson comme continuant d'inspirer un esprit de révolte aux peuples, et les portant autant qu'il lui était possible, à contrevenir aux ordres du roi, ce qui méritait qu'il soit puni comme un perturbateur du repos public. Pour se justifier de l'accusation, le prédicant composa une nouvelle lettre apologétique, qu'il adressa à Bàville le 10 juillet'. Il y prolestait encore qu'il n'était point revenu en France sur aucun ordre des Puissances étrangères, et nous avons vu ce qu'il faut entendre par là. Mais il prenait aussi Dieu à témoin « que c'était uniquement par crainte de son saint nom, et pour les intérêts de sa gloire et du salut de son peuple qu'il s'exposait depuis si longtemps à tant de misères », et sur ce point sa sincérité était absolue.

Brousson tenait à l'intendant un langage à la fois altier et audacieux, qui rapproche sa lettre de celle qu'il avait datée du 1" octobre 1089, mais qui se revêt maintenant d'un caractère

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