Lettre du 28 août 1692. 1 ipasc., p. 192. \ oir plus haut
78 LES PBBUICANTS PROTESTANTS
même avec un Je ces derniers, rentré à son tour dans le Languedoc.
Jacques Guion. né au hameau du Lunés (Saint-Martin de Boubaux) avait été destiné au ministère par son père, déjà pasteur dans les Cévennes1. Après avoir desservi Ginestoux et Vézenobres, il était devenu ministre dans la paroisse d'où il était originaire. Les paroissiens, quelques mois plus tard, pour avoir reçu des catholiques dans leur temple, avaient été condamnés (7 septembre 1085) à 2o livres d'amende, et le pasteur, heureusement, mis hors de cour. Après la Révocation, nous le retrouvons à Montpellier, où il vient chercher, avec sa femme Suzanne de Saulinié, un double passeport pour Genève et la Suisse2; mais le ministre était parti seul, sa femme.au dernier moment, n'ayant pas eu le courage de se séparer de ses enfants. Après un séjour à Berne, Guion était devenu l'un des ministres français de Thoune. Depuis l'année 1691, assuré d'une pension de cette dernière ville, il vivait à Berne '. En 1093. sa femme était fixée à Alais, et l'un de ses fils «. écrivait » à Nîmes, chez un notaire *.
Il est difficile de démêler la raison exacte qui ramena Guion en France \ Le fait qu'il voulut conférer avec Brousson, laisserait supposer qu'il était revenu pour accomplir une mission religieuse, et Brousson tenait pour cette opinion. D'autre part il déclara devant Bàville « qu'il ne pouvait pas résister davantage à l'envie qu'il avait de revoir sa famille, et qu'il était rentré pour tâcher de l'emmener en Suisse. » Guion partit de Genève le 17 juin (1693), vint à pied le premier jour jusqu'à Seyssel, s'y embarqua pour Lyon. 11 prit là le « coche d'eau » pour Tarascon. Le 24 il couchait à Nîmes. Il savait combien son entreprise était périlleuse et deux de ses collègues, les
1. Jean Guyon ministre à Castagnols. Bail. XXVI, jU'i. Le dossier île Jacques Guion se trouve C. 173.
2. C. -279. Passeport du 30 octobre. Guion, dans son procès dit par erreur le 7 novembre.
:;. Sa pension était d'abord de 130 livres. Elle l'ut ensuite augmentée de 3(1 écus.
1. Le S' Ducamp, dont le frère, ancien paroissien de Guion, habitait la ville.
5, Notons ici qu'un pasteur, venu de Genève, était arrivé à Lyon au début de 1693 et avait séjourné dans la ville.'.(Depping Corr. Admln., IV, 432, 5 mars 1893). Voir De Chambrier. p. 227. la mention d'une lettre de d'Arzelicrs à Minuand (de Berne, 12, 22 mai 1693) d'où il résulte que certains réfugiés de Genève, à cette date, rentraient en France et prétendaient que les réformés pouvaient vivre librement dans le royaume à condition de n'y pas faire d'assemblées. Le résident de France favorisait ces retours.