‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 61 sur 334 · CHAPITRE IX LAPORTE — HENRI POURTAL — DANIEL BAS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX LAPORTE — HENRI POURTAL — DANIEL BAS

(Janvier-Juin 1696)

Roman demeura sur le versant nord de l'Aigoual. pendant l'automne de 1695. A cette époque, un habitant de Yalleraugue le vit passer sur le chemin de Massevaque à Cabrillac, suivi de Rey '. Il quitta la haute montagne en décembre.

Il avait repris la balle, du colporteur, comme au temps de ses premières courses, et cheminait avec audace. Il n'osa pas entrer dans Alais, où Mandajors le connaissait pour l'y avoir retenu prisonnier cinq ans auparavant, mais fit un séjour à Saint-Ambroix. Il y parut publiquement, <r ayant même été approché de M. le Maire, qui marchanda un peigne dont ils ne furent pas d'accord. Roman en voulant plus que sa valeur ». C'était là habileté de sa part, « étant bien aise, avait-il dit à quelqu'un, de ne pas se défaire de sa marchandise, qui lui servait de prétexte pour vaquer dans tout ce canton2. » Grâce à son déguisement, il put prêcher souvent. Il se félicitait d'ailleurs des résultats de ses exhortations, « ayant été assez heureux pour porter la jeunesse de Saint-Ambroix à renoncer aux jeux et aux débauches ».

Le 14 janvier, Pierre Ginoux. du hameau de Larnac (Les Mages), reçut la visite d'un ami, Peiric dit le Grand Corps, lequel lui proposa d'aller prier Dieu, « car il y avait, lui dit-il, un ministre dans le pays, et qui prêchait parfaitement bien ». Tous deux vont de concert choisir le lieu de l'assemblée. Dans la journée, Roman lui-même entre chez Ginoux ; il raconte son évasion du château de Saint-Jean, dit les circonstances de son passage à Saint-Ambroix, et les dangers de sa vie aventureuse. « Il n'y a plus dans le pays, déclare-t-il, qu'un autre [Laporte,

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