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sans doute], et lui, tout le reste n'étant que des étudiants. » Luimême, comme Henri pensait le faire, doit se retirer au mois d'avril [1696], ou environ, mais « l'on en enverra d'autres à sa place ».
Le soir, l'assemblée se tient dans une claie, du côté du hameau de Couze'. Deux cents personnes s'y trouvent, dont quelquesunes de Saint-Ambroix. Roman prêche sur les paroles de Saint- Paul (Ephésiens, V, 10) : « Rachetez le temps, car les jours sont mauvais ». Servier, cordonnier de Saint-Ambroix, « demande pour les pauvres », puis le prédicateur recommande à la charité de ses auditeurs « le nommé Jean [Martin, âgé de 00 ans], du côté des Cévennes, une de ses anciennes connaissances (un fugitif sans doute) qu'il a retrouvé à Couze.
Roman remonta vers les Hautes-Cévennes. Le 22 janvier il prêchait vers Yimbouches, entre Saint-Maurice et Saint-Privat, devant cinquante personnes. Servier et Jean étaient là. qui avaient voulu accompagner leur pasteur de la plaine à la montagne. Martin redescendit bientôt à Couze, où il fut arrêté peu de jours après son retour, sur la dénonciation de Ginoux, arrêté lui-même. Mandajors envoya à Bàville, le 15 février, les prisonniers et la procédure, en même temps qu'une lettre, où il avait noté quelques détails nouveaux, et où il donnait son avis sur les dispositions des Nouveaux Convertis de son ressort '.
Mandajors trouve ses administrés bien peu souples; l'état des esprits l'inquiète même sérieusement. Pas plus que les protestants eux-mêmes, le subdélégué de Bàville à Alais ne soupçonne les négociations de Louis XIV avec le duc de Savoie, qui vont dans quelques mois enlever aux ennemis du roi l'un de leurs plus précieux alliés. Il tourne avec inquiétude les regards vers les Alpes.
« Le départ des milices, dit-il, donne de grandes espérances aux malintentionnés3, et bien des gens comptent, et moi aussi, Monseigneur, que si par malheur il nous arrivait quelque échec en Piémont, les femmes mêmes se mettraient en campagne, et Dieu veuille, si cela arrive, que plusieurs anciens catholiques, même soldats de bourgeoisie, ne prennent pas un mauvais parti ! »
1. « Dans une claie appartenant à Jean, des Gardies. vers le terroir de Bauass.w, du côté <le Couze ».
2. Informations du 30 janvier et jours suivants, C. 17'.. La lettre de Mandajors est dans le dossier. Les jugements manquent. Il y eut au moins deux condamnations aux galères, celles de Griolel el de Chabert.