‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 112 sur 346 · LE CULTE RKTABLI A ORANGE · texte numérisé non relu

LE CULTE RKTABLI A ORANGE

Le roi d'Angleterre avait cependant obtenu la délivrance des quatre pasteurs de la principauté, enfermés depuis douze ans à Lyon, au clifiteau de Pierre Seize \ Leur prison s'ouvrit le ^6 novembre. Quelques jours plus tard, la population d'Orange les accueillit triomphalement. Ils rétablirent l'Eglise. Les Bénédictins qui occupaient leur logis, les Religieux du Verbe Incarné, quittèrent une terre devenue hollandaise'.

Les cris de joie de ce petit peuple, libéré du joug romain, retentirent au fond du cœur des opprimés. Le peuple réformé du Languedoc, des Gévennes, du Vivarais, accourut en foule. Brousson lui-même, en sortant du Daupliiné, et malgré le danger qu'il courait, <r s'enhardit d'aller dans la ville » pour « y avoir sa part de la consolation commune », et pour y embrasser le gouvei'neur, l'avocat Huygens de Zullichem, qu'il avait connu à La Haye, et qui s'était entremis, dans les Provinces-Unies, en faveur des protestants français ^

Les terribles pénalités de la déclaration du 23 novembre ne furent pas appliquées, à ce qu'il semble, à ceux qui les avaient bravées. Une déclaration nouvelle fut publiée le 13 janvier '*. La clause de la première, relative au commerce, était trop large, et permettait les subterfuges. Les N. C, désormais, qui prétendaient user de l'exception, furent tenus de se munir d'une attestation en règle des autorités de leur province. Les peines étaient cette fois de 3,000 livres d'amende, des galères pour les hommes, et de cinq ans de prison pour les femmes. Bâ ville, on le verra bientôt, appliqua sans pitié les nouveaux ordres du roi, qu'il avait suggérés lui-même.

Une pièce venue de l'étranger, et saisie par l'intendant dans le Languedoc vers le 3 janvier, lui avait montré tout le danger que ce territoire ouvert au culte protestant faisait courir à la catholicisation de ses administrés. Découverte par P. Gachon, en même temps que la lettre de Bàville qui la communique à

1. Le cinquième, Pineton de Chambrun, le célèbre auteur des Larmes, avait abjuré, comme on sait, puis avait passé la frontière pour « rentrer dans la paix de l'Eglise ».

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