BROUSSON A UZÈS
Brousson attribuait une extrême importance à ces dernières manifestations de son activité. L'événement lui donna raison. Il réussit de la sorte à dresser trois prédicateurs nouveaux \
Un jeune homme d'Uzès, tisserand de serges, nommé Carrière, « ramassa dix à douze de ses sermons, les apprit par cceur, et alla les réciter dans de petites assemblées ».
Papus (La Rouvière) qui, comme Vivent, possédait « l'esprit de prière d'une manière tout extraordinaire » et qui déjà aux côtés des prédicants avait puissamment prié en public, demanda également à Brousson quand il le vit à Nîmes, en juillet, quelques-uns de ses précieux manuscrits, et les lut dans des cultes intimes qu'il réunit à son tour.
Mais surtout Brousson s'émerveilla du zèle d'Henri Pourtal. « Henri » l'accompagnait depuis 1690. Brousson, dans les bois, lui avait appris à écrire, et l'avait déjà employé, avant son séjour à Nîmes, à recopier ses sermons. Lorsque le maître fut immobilisé par la maladie, l'accompagnateur lui proposa humblement de suppléer à son silence, et d'aller de lieu en lieu, dans de petites assemblées, lire les cahiers qu'il avait lui-même transcrits, en les accompagnant des « véhémentes exhortations » que lui inspirerait son zèle. Brousson consentit à son départ ; il fut informé de ses succès, et lorsque enfin rétabli il se sentit capable de reprendre ses courses, il refusa l'assistance du fidèle compagnon qui revenait se joindre à lui, ne voulant point priver le peuple d'un secours spirituel. Il abandonna Pourtal à lui-même, et s'attacha un autre « homme », qui déjà avait cheminé à ses côtés, mais qui connaissait moins bien cependant la région d'Uzès vers laquelle il se dirigea à la fin de Juillet".
C'est là sûrement qu'il goûta la joie de sentir autour de lui la reconnaissance débordante de ses auditeurs. «Lorsque ce pauvre peuple, dit-il, considérait les calamités et les dangers où il [Brousson] était sans cesse exposé... il ne pouvait se retirer après les Saintes Assemblées qu'il ne vînt auparavent se jeter sur son cou, le baiser et lui souhaiter mille bénédictions». Le prédicateur se sentait chaque jour aller mi dans son œuvre. « Dieu lui faisait goûter par sonEspritdes consolations ineffables ; mais surtout on ne saurait exprimer celles qu'il ressentait dans les Saintes Assemblées et particulièrement dans celles où il admi-