Lettre du 22 juin 1698. Opusc. p
investit la maison où il était, et heureusement il eut le temps de se faire descendre dans un puits, et de se cacher dans une niche pratiquée à fleur d'eau à un des côtés du puits. Les soldats qui le cherchaient regardèrent vingt fois dans ce puits les uns après les autres. Mais Dieu, qui a voulu garder son serviteur, n'a pas permis qu'aucun se soit mis en devoir de fouiller ce lieu-là. »
Le 10 avril*, le pasteur adressait aux Pays-Bas la copie de sa quatrième Requête, annonçait lenvoi prochain de la cinquième, et donnait ses derniers ordres pour leur publication. Le 19, la dei'nière Requête était enfin recopiée, et il l'expédiait à son correspondant ordinaire, en l'informant encore de l'état de ses frères, en des termes qu'il reprit presque mot pour mot dans une autre lettre du 25 avril".
« On continue toujours de désoler le peuple protestant, et surtout dans les villages on le dévore, de sorte qu'on met des gens dans la nécessité ou de mourir de faim, ou daller quelquefois à la messe. C'est un fléau qui passe de lieu en lieu ». L'intendant au début du mois a parcouru les Basses-Gé venues. « Il fait quelquefois des discours qui sont doux, mais les logements marchent devant lui. . . Il faisait venir quelques-uns des plus gâtés de chaque lieu et leur demandant si tous faisaient bien leur devoir, ces gens-là, craignant les logements, disaient que oui. Apparemment c'est pour envoyer un bon verbal en Cour comme tout est bon catholique, quoique tout pleure et gémisse plus que jamais » ^ On relègue les personnes les plus distinguées. A Anduze, Bàville a reçu, pendant son séjour, soixante lettres de cachet pour cela. Lorsque les chefs de famille sont exilés, on prend leurs enfants pour les mettre dans des couvents, ou entre les mains des jésuites, et s'ils se cachent, on menace de confisquer leurs biens. « Dieu veuille mettre fin à nos désolations, concluait Brousson, et nous réjouir, au prix des jours auxquels nous avons senti tant de maux ». Il traçait le même triste tableau dans chacune de ses lettres, pour l'envoyer à des