Rapiu Toyras, Hist. d'Angleterre (1749) XI
2. Lettre au roi du 31 décembre 1692. Voir plus loin. (Douen, II, 210).
32 LES l'IlKDICANTS PROTESTANTS
réunis au printemps à l'Est des Alpes. Dans le nombre, 2,800 réluji^iés et 1,500 Vaudois, commandés par le comte de Scliombei'g, composaient, en 27 compagnies, le corps des auxiliaires à la solde de l'Angleterre, sous les ordres immédiats de MM. de Loche et Saint-Julien. Une démonstration fut faite vers Pignerol pour y retenir Catinat. Le gros des troupes, alors, pénétra par le Col de Larche dans la vallée de Barcelonnette, tandis que les 4,000 auxiliaires, guidés par les Barbets à travers les passages du Col de la Croix jugé jusque-là impraticable, arrivaient dans le (^ueyras à la fin de juillet. Après avoir pris Guillcstrc. la petite armée assiégea End)run, et jiu bout de dix jours de siège entra dans la ville (irj août), (lap odVit moins de résistance. Les alliés y mirent le feu et incendièrent les alentours'. «Il est dilïicile, dit l'historien d'AngleleiTC Rajjin Toyras, de comprendre jusqu'où alla l'épouvante des Dauphinois en apprenant ces nouvelles. On craignait que les Nouveaux Convertis qui étaient en grand nombre dans cette province ne se rangeassent du j)arti des alliés, et il est certain que le roi Guillaume ({ui avait imaginé cette expédition, avait fait beaucoup de fonds sur cette circonstance »". Schombcrg occupa P]mbrun avec ses troupes protestantes ; il donna le gouvernement de la ville à un Montbrun, neveu de feu Saint- André Montbrun qui portait un nom cher aux réformés du Dauphiné ^ et le 2î) août, il répandit à des milliers d'exemplaires un Manifeste, publié au nom de Guillaume d'Orange et qu'avait écrit le pasteur réfugié Jean du Hourdieu (de Montpellier) « chapelain du roi », qui suivait l'expédition. Le langage de la pièce était strictement conforme à ce qu'avait demamlé. dès lG81t, le marquis de Miremont. Les populations sont invitées à se ranger sous la bannière de l'envahisseur, qui se donne pour un libérateur politique. Son intention est de rendre à la Noblesse ses droits, aux Parlements leur autorité, au Peuple son aisance, aux Provinces leurs privilèges. Il veut établir les Etats Généraux. Il est faux que la guerre présente soit une guerre de religion : aucun changement ne sera apporté à la situation actuelle de l'Eglise romaine. Cependant, les rois
1. De Rochas irAighin, Zes \'allces Vaudoiscs 1880: Marquis de Saporta (/?«'. des Deux-Mondes, 13 jauv. 1887, p. 336). Voir Bull. L\III, 7. (A. Mailhet, Les Protestants du Diois et des Baronnies pendant l'invasion du Dauphiné en 1692).
2. XI, "297. Catinat écrivait au roi le 26 avril : «M. Bouchu et M. de Larray me donnent de très grandes dt-liaucos des X. C. du Diois. et ils les trouvent capables de se soulever >k