‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 152 sur 346 · BROUSSON DEVANT BAVILLE · texte numérisé non relu

BROUSSON DEVANT BAVILLE

a accordé tout ce qui est contre lui. Il a beaucoup d'esprit, mais violent, présomptueux et capable de faire beaucoup de désordre » ' .

Le2 novembre, l'intendant, qui avait eu le temps d'examiner les manuscrits et les imprimés saisis à Oloron, interrogea Brousson sur ceux qui lui parurent le plus importants : la Lettre aux Elus de Dieu, àe 1094 (qui excitait les protestants à sortir du royaume) : son passeport du 7 août 1697 ; les lettres missives qui attestaient qu'il était ministie, et le recommandaient aux fidèles ; les six Mémoires sur lesquels étaient inscrites des adresses de religionnaires ^ Les noms cités sur ces feuillets se rapportaient au YiA'arais, à la Provence, au Pays deFoix(Saverdun). au Béarn. à des régions inconnues (Ghaudefour, Bazeille) (?), à la Normandie (Condé, Ango). Bâville s'étonna d'un si vaste dessein : « Pourquoi, y ayant deux cent mille Nouveaux Convertis dans le Languedoc, il s'est commis à aller dans le reste du royaume? » A quoi Brousson répliqua qu'il était trop connu dans le Languedoc pour pouvoir s'y arrêter, « et que, d'ailleurs, un ministre de l'Evangile est obligé de travailler au salut de ses frères partout où ils ont besoin de ses instructions. » Pour complaire à une demande de Pinon ^ l'intendant prononça les noms de Bedoras et d'Espalungue, sans d'ailleurs rien obtenir.

Dans un second interrogatoire du même jour, Bâville s'attacha à des documents qui lui parurent plus graves, et séditieux. De ce nombre était le Projet d' Union entre les Puissances protestantes, que Brousson déclara sans intérêt. \J Avis aux protestants de France fut mentionné. Sans faire la moindre allusion à l'intervention éti*angère qui y était promise, le pasteur défendit la pièce par les mêmes arguments dont il avait accompagné le rappel des événements de 1683.

Les six cahiers concernant le voyage en Vivarais. arrêtèrent plus longtemps l'intendant. 11 était convaincu que le mouvement

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