‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 154 sur 346 · Lettre de Pinon du 20 octobre · texte numérisé non relu

Lettre de Pinon du 20 octobre

262 LES PRÉDICANTS PROTESTAXTS

des Ci. fanatiques » de 1689, avait été lié à l'espérance d'une invasion du Daupliiné, et que les prophètes n'étaient que des simulateurs ; ce ne fut pas sans ironie qu'il demanda au pasteur si sa Relation était exacte. Brousson se redressa.

,La relation qu'il fait des prodif^es mentionnés dans ledit écrit est fidèle et véritable, excepté quehiues endroits qui auraient besoin d'être revus et retouchés, comme il a commencé de le faire. — A quel dessein il fit cet ouvrage ? — Les prodiges mentionnés dans ladite relation lui ont paru si extraordinaires qu'il a cru devoir les mettre dans quelque ordre, et qu'après, elle aurait été trouvée digne de paraître en public, a(in (jue chacun y pût faire ses réflexions.

La seule réflexion que le récit inspire à Bâville, est que Brousson « a fait ce qu'il a pu pour faire recommencer le fanatisme en Vivarais, en obligeant plusieurs personnes de renouveler les mêmes extravagances qu'elles faisaient en 1080 ». L'accusé, indigné qu'on ose soupçonner non seulement sa véracité, mais la puissance même de Dieu, répond cette fois avec force : « Qu'il n'a jamais eu aucune part dans les prodiges mentionnés dans sa relation, et qu'il est connu en France et ailleurs pour un homme d'honneur, craignant Dieu, incapable d'avoir pris part à la moindre imposture. » Un instant après, il répétait que deux des incidents de son récit qui étonnaient le plus son juge, étaient « de la dernière exactitude ».

Brousson fut confronté à Ducros et àMontredon, qui le reconnurent tous deux. Anne Baudoin ne pouvait comparaître, elle était morte à Montpellier l'année précédente'. Son interrogatoire du 11 novembre 1691, fut lu au prisonnier. Celui-ci nia à demi avoir établi des anciens à Lasalle (il ne voulait pas les trahir), et protesta qu'il n'avait jamais reçu d'argent de létranger, «ayant seulement appris que Vivens reçut une somme de mille livres du roi d'Angleterre».

Le même jour encore (2 novembre), Brousson remit à Bàville la longue Requête au roi qu'il avait demandé la permission d'écrire dans sa prison. Cette pièce, que M. Corbière a reproduite dans son Histoire de l'Eglise Réformée de Montpellier- , est à la fois une protestation judiciaire contre une procédure

1. Son extrait mortuaire, qui est joint au dossier, Gxe sa mort au 17 décembre 1697 : « Anne Baudouine, femme de M-^ Armand le jeune, âgée de vingt-quatre ans, ensevelie dans l'église Sainte-Anne... ».

2. Page 310. Elle est conservée dans le Dossier Brousson en deux exemplaires : la minute primitive, et la copie mise au net, qui est aussi de la main de Brousson.

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