‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 155 sur 346 · LA DERNIÈRE RE(JUKTE DE BROUSSON · texte numérisé non relu

LA DERNIÈRE RE(JUKTE DE BROUSSON

illégale, et un exposé des « choses qui peuvent justifier la conduite du suppliant, et émouvoir les compassions de Sa Majesté 9. Brousson y reproduit les phrases dont il s'est sci'vi déjà devant Pinon, et devant Bàville. Il dissimule absolument les raisons politiques de sou premier retour en France, et, il faut le dire, il dénature les faits, pour rejeter sur Vivent seul le rôle d'agitateur. Revenant de Suisse avec Dubruc, il a trouvé déjà, dit-il, dans les Cévennes, Vivent, qui était de retour de Hollande. (Vivent venait de Suisse, d'où il était parti le môme jour que Brousson et Dubruc). Le danger où Vivent s'est trouvé, l'a porté à implorer le secours du roi d'Angleterre. (Le secours était concerté avant son départ). Vivent a entretenu commerce avec le prince d'Orange, par le moyen de ses généraux ou autres officiers ; il a reçu de lui, dans la suite, huit mille livres*. Vivent a fait quelque amas de poudre, comme le suppliant l'a appris depuis, mais il n'a jamais su qu'aucune ville ou aucun village, ni aucune personne de considération soit entrée dans le dessein dudit Vivent. (Quelques gentilshommes Nouveaux Convertis ont cependant été impliqués dans le procès de l'Espinaz). Brousson explique encore par « la présence du danger et la calamité où il se trouvait», le fait qu'il se soit laissé aller à écrire de sa propre main le billet à Schomberg, que Vivent avait déjà tracé. (Vivent était incapable de composer la lettre). Il poursuit de la sorte :

. . .Sans se départir du bénéfice de la paix et de la déclaration de V. M., donnée en conséquence, il supplie très humblement V. M. de vouloir considérer, que la faute qu'il peut avoir commise dans un état aussi triste et aussi déplorable que celui où il se trouvait, et dout il a demandé et demande encoi*e très humblement pardon à S. M., est sans doute digne de la clémence et de la pitié d'un grand prince, qui sait que ce qui est fait dans un état d'agitation et de trouble, pareil où le suppliant était alors, est considéré comme involontaire et forcé, et digne par conséquent de pardon.

Ce n'est pas tout, Sire, le suppliant revint bientôt de son trouble, et changea entièrement de conduite, pour s'attacher uniquement à prier Dieu. Or, Votre Majesté a fait grâce à ceux dont le triste état les ayant engagés dans le service des puissances étrangères, s'en sont ensuite retirés, selon les semonces qui leur en étaient faites de la part de V. M.

Brousson rappelle sa vie, ses voyages à l'étranger, ses campagnes missionnaires en France, mettant en relief avec une

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