‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 165 sur 346 · LES N. C. A ORANGE · texte numérisé non relu

LES N. C. A ORANGE

possible dans le résultat Je ses ilénmrchcs, et prévenait les funestes elFets (l'une nouvelle déception.

« Je sais qu'on est fort en alarme en France des persécutions qu'on y fait. Mais que tout cela ne vous étonne pas. Il faut que cela arrive avant notre délivrance, pour plus graude politique ^'?), ainsi que vous verrez ci-après. Sur toutes choses, gaidez-vous bien de vous déclarer de la R. G. R., car par les sidtes vous auriez lieu de vous en repentir. Je veux dire qu'après, il ne vous serait pas permis de retourner dans votre R. lors de son rétablissement n '.

La principauté d'Orange était le lieu béni d'où se répandaient dans le midi du royaume, des espérances qui ne voulaient pas s'éteindre. La dragonnade nouvelle, et les instructions des pasteurs réfugiés, poussèrent vers cette oasis de la liberté un nombre grandissant de religionnaires. Le bruit se propagea, en juin, que le temple de la ville allait être rebâti', a Vous ne sauriez croire, écrivit-on d'Orange en Hollande, l'effet que cela a produit dans l'esprit de nos frères de France. Ils regardent ce rétablissement comme une preuve certaine que le leur n'est pas éloigné, et que leur délivrance est prochaine ». Des expéditions de N. Convertis qui voulaient entendre des pasteurs et prendre la Cène, s'organisèrent dans les diocèses d'Alais, dUzès, de Nîmes et de Montpellier. Le dimanche 7 septembre, un exempt déguisé, dépêché de Nîmes à Orange pour y reconnaître quelques-uns des coupables, assista au culte dans une salle basse du logis de la Dame de Saint-Jean, où il trouva réunies « 2,000 personnes ». Il se hâta de franchir le Rhône à Caderousse, et fit saisir à leur retour quelques protestants. Le 10, au port de L'Ardoise, un soldat de bourgeoisie se donna pour le passeur. Il ramena trois fois la barque chargée d'une trentaine de réformés, qui furent saisis et entassés dans la métairie du batelier ordinaire. Pendant qu'on les conduisait aux prisons de Roquemaure, les malheureux essayèrent de fuir. 11 y eut des blessés, l'un d'eux mourut à l'hôpital de Nîmes. Bàville, qui avait déjà sévi -, fit

i. Comme marque de la bonne volonté du roi d'Angleterre, la lettre laissait entrevoir qu'un cdit était projeté, qui devait obliger les catholiques de ses royaumes d'en sortir, on d'embrasser la religion anglicane. Triste mentalité sans doute, mais ([u'il n'est que trop facile de comprendre.

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