‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 179 sur 346 · LES ECCLESIASTIQUES AGENTS DE IJAVILLE · texte numérisé non relu

LES ECCLESIASTIQUES AGENTS DE IJAVILLE

sacrements, et concluait : a On les contraint par tant d'endroits. Pourquoi ne les obliger point à s'accoutumer à faire pendant leur vie ce qu'on leur rend nécessaire à la mort?* » Bossuet répondit que !e problème, théologiquement, était aussi dilficile qu'essentiel, mais que pratiquement, un ordre de la Cour avait tranché la question. Au nom du roi, en effet, Torcy (1«='' novembre), avait écrit aux intendants et aux évèques : « Il faut, sur toutes choses, éviter que personne soit forcé d'aller à la messe ». Mais en même temps La Vrillière avertissait Bàvi lie, que le roi, tout en lui demandant la douceur, se fiait à sa sagesse.

Rien ne fut donc changé dans le Bas-Languedoc, où par des procédés obliques, l'intendant « força » ses administrés à l'accomplissement de leurs devoirs de catholiques.

Un artifice des plus efficaces fut emprunté par Bàville à une ordonnance ancienne, relative aux biens des fugitifs. Dès le 10 mars 1C99, en résumant aux évêques de la province les instructions qu'il avait reçues, il libellait ainsi son sixième point : « S'il y a de mauvais catholiques qui jouissent des biens des religionnaires sortis du Royaume, les fruits doivent être saisis et séquestrés, après qu'ils auront été avertis sans se corriger » ". La mesure était excellente pour ruiner ceux qui ne voulaient point entrer dans les églises ^

La confiscation des biens patrimoniaux, les amendes, les taxes spéciales levées pour la surveillance des frontières d'Orange, furent donc autant de menaces suspendues sur la tête des mauvais catholiques, tandis que le maintien en possession, et les décharges d'impôts, étaient réservés aux Nouveaux Convertis dociles. Or, comme, en définitive, les ecclésiastiques étaient seuls en mesure de désigner à l'autorité les uns ou les autres, il advint que les curés et les vicaires devinrent les agents directs de l'intendant, autant que de leurs évèques. Les officiers royaux passèrent au second plan. En 1G87, les consuls avaient contresigné les rapports touchant les Nouveaux Catholiques de leurs communautés*. En 1700, les Mémoires de ce genre sont dressés par les Vicaires Généraux, ou les desservants des paroisses; et les états que ceux-ci ont rédigés, sont envoyés par

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