BONNES PAROLES DE LA COUR
enfants, se laissa instruire par le 11. P. Rounianille, jésuite, qui le visitait au fort de Ninies, et déclara ne rien savoir de Bringuier'. Peut-être, en effet, ne le connaissait-il pas et s'étaitil offert aux correspondants véritables de celui-ci, comme un intermédiaire commode. Dans ce dernier cas, si l'on se souvient que Bringuier était de Lasalle, et que Lapierre, de Lasalle également, et La Jeunesse, cousin de Bringuier, avaient séjourné en 1G92 à Nîmes, et y avaient prêché, on pourrait se demander si ce n'étaient pas les réformés du vallon des Basses-Cévennes qui aux premières lueurs de la délivrance avaient fait appel à leur ancien prédicant.
Bringuier disait en terminant sa lettre a Je ne saurais assez vous remercier des obligations que je vous ai, de ce que vous m'avez mandé des nouvelles de ma femme [Anne Plantier] avec beaucoup d'adresse. J'ai écrit ces jours passés à sa mère, adressant la lettre à son parent que vous savez, pour lui rendre. Si par quelque adresse vous pouviez savoir s'il la lui a rendue et i>oiis en faire bailler une copie, vous me feriez plaisir, et vous en pourriez, je ni assure, recevoir quelque consolation i). Les consolations épistolaires que Bringuier prodiguait à ses coreligionnaires, ou à sa femme, partaient d'un bon naturel. Mais que seraient devenus les protestants de France s'ils n'avaient eu pour les soutenir que des correspondances venues de la Hollande ou de la Suisse ? Il suflit de se le demander pour rendre aux prédicants du désert toute la justice qui leur est due.
Les N. G. du royaume crux'ent que la liberté, qu'ils avaient refusé de reconquérir dans le Midi par une sédition, serait la récompense de leur loyalisme. Le roi avait écrit à Catinat : « Je donnerai avec plaisir [aux N. G.] dans la suite, des marques de la satisfaction que j'ai de leur fidélité. Vous pouvez les en assurer » ■. A Versailles, M. de Chamlay déclara, dans une conversation particulière qu'il eut avec un ancien protestant, que « les intendants auraient à l'avenir de bons ordres » '\ Des Mémoires circulèrent, affirmant que les galériens seraient relâchés et les prisons ouvertes, et conseillant aux réfugiés de Genève et de la
1. Arrêté le 3 décembre, il l'ut transféré ù Montpellier le:28 février 1(593. Le juiicment manque, peut-être Uestampes fut-il relàclié. Un Jean Destampe, de Psîmes, fut envoyé aux galères le 2G sept. 1698 {Fr. Prot. Liste des Gai.)