‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 20 sur 346 · Bull. LVIII · texte numérisé non relu

Bull. LVIII

3. Pap. Court, 17, H, 1'^ 9. Lettre de Paris du 17 sept. 1092 (de qui? à qui?).

4Z LES l'RKDICANTS PROTESTANTS

résistance des Cévennes, une maison propice était habitée par une pauvre femme, Anne Bastide, originaire du mas de la Felgarasse(Mialet). Le mas avait été rasé après une assemblée. Le mari, Jean Bourguet, fugitif depuis 1685, arrêté à Gai*noulès au milieu de 1691, était enfermé à la Tour de Constance. La femme était venue à Anduze avec ses enfants, pour y travailler. Elle ouvrait sa porte aux fugitifs et aux prédicants. Dans le bourg même, ceux-ci comptaient aussi des amis. « Une demoiselle ayant su, dit Gavanon, que j'étais là [chez la femme Bourguet], prit la peine de me venir voir, et fit tant qu'elle me pria d'entrer dans la ville pour passer la soirée avec sa sœur et d'autres demoiselles chez la veuve Lissorguesse «'.

Gavanon accepta. Il trouva le soir, dans la boutique, en même temps qu'une dizaine de femmes ou de jeunes filles, un certain La Rose qui avait suivi Lapierre l'année précédente, et que nous pouvons nommer de son vrai nom : Julien, compagnon cordonnier, de Saint-Etienne Valfrancesque, et un autre personnage qu'il appelle a le S'^ Ollivier, plus tard ministre en Allemagne », qui est Jean Olivier, de Saint-Etienne Valfrancesque également (23 ans) lequel devait devenir bientôt prédicant '.

Etant dans la maison, continue Gavanon, après avoir soupe, il fut dit de faire la prière, ce que nous finies, et ensuite passant la veillée, environ les huit à neuf heures du soir, voici venir un certain nommé [Antoine] Lambert, qui avait été un des premiers anciens du Consistoire ; mais il s'était fait un d'îs plus grands persécuteurs. Habillé de rouge et un plumet blanc à son chapeau, il entra fort librement, et d'abord il ferma la porte, et commença à nous questionner, Ollivier, La Roze et moi.

Quoi qu'en ait pensé Brousson, dans une lettre qu'on lira plus loin, ce n'était pas Gavanon que cherchait Lambert, mais une femme, Marie Vignes, de Carnoulès, échappée depuis peu des prisons d'Alais avec une de ses compagnes de capti-

1. Au coin de la place d'Anduze, dans une partie de la maison du S-^ Borne, dont la veuve de Lissorgues louait une boutique.

2. Jeanne Laporte, femme Barafort, de La Vigne, près de Carnoulès (Dépos. î) sept. 1701, C. 180), qui déclare avoir entendu prêcher Olivier « ayant fait la Cène aux assemblées de Roman, jamais à celles d'Olivier », dit avoir vu Olivier chez Lissorguesse avant qu'il fût prédicant : « il y avait beaucoup de fréquentation ». Julien dont deux billets (perdus) furent trouvés chez Lissorguesse, est mentionné comme prédicant dans le récit du « Synode de 1694 >> (Bull. L, 339).

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