‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 193 sur 346 · BAS, LAPIERRE, DAVID GAZAN · texte numérisé non relu

BAS, LAPIERRE, DAVID GAZAN

assemblées. Il ne convient pas d'exposer personne, car nos ennemis ne sont pas assonvis à répandre le sang et à faire souffrir les pauvres lidèles. Tout ce que je vous marque est vrai. Contentez-vous, je vous prie, de vous dire que je n'ai jamais approuvé la conduite des Gamisards. Ils ont déshonore notre sainte religion, en répandant môme le sang innocent. Moi qui leur envoyais par exprès des lettres comment ils devaient se conduire, et des exhortations de défunt ce pieux ministre et professeur Bénédict Pictet; il ne convient pas que ces gens soient mis dans des histoires qui ne pourraient que le(?) ternira C'est l'avis de celui qui est toujours sans réserve, Monsieur, votre très humble. . . D. Bas^

Lapierre, le cordonnier de Lasalle, était à Londres, pensionné, en 1718. Il avait 72 ans, et remplissait les fonctions de lecteur dans l'Eglise française de Spring Gardens (appelée quelquefois la Chapelle du Parc, ou la Petite Savoye). Nous ne savons si l'un des trois enfants qui vivaient avec lui, était le fils dont il voulait, en 1G98, faire un prédicateur du déserta

Lapierre ne devient que lecteur, Gazan, Roman et Olivier devaient mourir pasteurs.

David Gazan, dit La Jeunesse, qui avait appris aux environs de Castres ou de Montauban la conclusion de la paix de Ryswyk, était dans le canton de Berne aux premiers jours de

i. Il faut entendre sans doute : « Les Gamisards ne pourraient que ternir les histoires où ils seraient mis ».

-2. Pap. Court, 17, B, 107. La lettre n'est malhcurement pas datée. B. Pictet mourut en 1724. Bas, à cette date, avait 56 ans.

3. « La Pierre 3 children, Reader in the Littlc Savoye, was with M. Brousson when hroken on the well ». Hugu. Soc. Proceedings, I, 3"27 (^'III, 23). Une liste de 170G, des réfug-iés assistés à Londres (Agnew, Protestant exiles..., II, 32), porte le nom de « Henry Massai, GO ans, de Saint-Hippolyte, qui a accompag:né pendant 14 ans M. Brousson prêchant sous la croix ». Un David Massai, assisté à Lausanne le 4 mars 1692 (Pa/J. Bernus), est noté comme étant sorti de France l'année même, après avoir " travaillé lui-même à la consolation et à l'instruction de nos frères». Le Mémoire de Bastide (Pap. Court, 17, B, 189) place « Massai de Milherines, îi'^é d'environ 23 ou 24 ans », parmi les prédicants. Il serait sorti du royaume en 1688 (?). Nous connaissons, pour l'avoir vu en 1691 aux côtés de Vivent, Massai dit Labric. C'est sans doute David. D'autre part, comme les procédures ont parlé « des deux Massai frères, de ^lilherines », il faut penser que Henry est le frère de David. S'il est demeuré 14 ans en relation avec les prédicants (Brousson est ici comme un nom j^énérique), il est sorti en 1700 ou 1701. Il serait un de ces accompagnateurs dont nous n'avons pas toujours connu le nom.

En juillet 1698,1a femme du prédicant Bringruier, Anne Planticr, sortit de France avec la veuve du S' de Cornélis. Cette dernière laissait en France ses enfants. Les registres du refuge à Lausanne, en constatant le passage des deux femmes, nous apprennent en quelle ville vivait alors l'ancien prédicant : « Jeanne (sic pour Anne) Plautiére, femme d'Antoine Beringuier, sortie de France depuis trois mois avec la D"« Corneille [en pat(ùs : Cournèly] ; va joindre son mari à Maestricht, 28 octobre 1698 ». (Fr. Prot., 2- Ed., II, 344).

février 1698. Le 14, le ministre Saguol de La Croix, de Morges, le recommandait à la Direction de Lausanne'. «Vous connaîtrez bientôt par ses récits celui qui vous porte cette lettre. Il a prêché au péril de sa vie pendant plusieurs années à nos pauvres frères dans les provinces de Guyenne et de Languedoc, (Haut et Bas), et Gévennes. Dieu a fait par son moyen des choses qui donnent lieu à le bénir; et à même temps nous engage à prendre soin de celui dont il s'est servi pour les faire. Il n'est donc pas nécessaire de vous le recommander, étant si recommandable par soi-même ».

Le lendemain, Gazan obtenait à Lausanne une lettre favorable pour les autorités de Berne ". Nous savons exactement son ambition : « Se consacrant entièrement au service de Dieu, il désirerait s'appliquer aux études, jusqu'à se rendre capable d'être reçu ministre». Ce que nous verrons ailleurs des sermons de La Jeunesse, nous le montrera, en effet, avide de s'instruire, et capable déjà de s'assimiler la substance de prédications dont le style et les idées le dépassaient. Il avait travaillé, au Désert, sur des manuscrits de Merlat. Nous nous le figurons causant à Lausanne, avec le pasteur, du secours et des obstacles à la fois, qu'il avait trouvés dans les savants développements de ses périodes.

Gazan ne rencontra-t-il pas à Berne l'accueil qu'il souhaitait? Il est à Genève le 6 octobre, mais en 1099 il quitte la ville. L'Allemagne, où les régions diverses de la Suisse poussent maintenant les réfugiés sans ressource, s'ouvre devant lui. Il a une trentaine d'années. Il part « étudiant pour le saint ministère, ayant consolé et instruit nos frères de France», avec un viatique pour le Brandebourg. Le 31 décembre 1699, il est recensé à Walmow, en Prusse, comme « maître d'escolle, cy devant Prédicats (sic) sous la croix ». Une note du D"^ Beringuier nous apprend qu'il était alors Candidat en théologie, et qu'il avait été régent à Bergholz avant de venir à AValmow^ En 1727,

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