Fonbrune Berbinau. p
l'UHLlCATIONS SUR lîI'.DCSSON 319
Un autre réfugié des Provinces Unies, clans une Lettre pastorale aux Jidèles du Languedoc, démontra, par un examen minutieux du jugement, que la sentence de Bàville était pleine de contradictions, et que, par conséquent, si l'intendant n'avait pas fourni des preuves convaincantes et incontestables contre l'accusé, c'est qu'il ne le pouvait faire '. Les lettres de Pau et de Montpellier qui narraient l'arrestation et le procès du martyr furent recopiées". Des écrits nombreux racontèrent sa vie, en Hollande \ et en Allemagne *. On en vit un en latin%
Un ami fidèle du pasteur recueillit enfin quelques rares fragments de sa correspondance, les manuscrits qu'il avait laissés en Hollande, des ouvrages de lui devenus rares, et publia en 1701, à Utrecht, les Lettres et Opuscules de feu M. Brousson, ministre et martj'r du Saint-Evangile, avec un Abrégé de sa vie *, Le révérend Quick, qui l'avait vu à Londres, ajouta aux faits déjà connus, des détails qu'il puisait dans
1. Brueys, II, 283, mentionne la lettre, sous le titre : Le glorieux martyre de M. Brousson. Elle fut imprimée, dit-il, à La Haye en 1699. Voir plus bas, la note i.
2. L. Nègre (p. 146), a eu en main des copies isolées. Elles sont toutes transcrites dans un manuscrit de la Bibl. du Prot. à la suite d'une copie de La fie et la mort... (voir ci-après).
3. L. Nègre (p. 146), a eu en main une copie intitulée : La vie et la mort de Claude Brousson, exécuté pour la foi de V Evangile le 4 novembre ififlS. ou Abrégé de la vie de C. Brousson, exécuté pour la religion à Montpellier le 4 novembre KiyS. Un petit volume eu hollandais (l)elft, 1699, Adriaan lîcmau, in-18 de 109 pages : Bibl. du Prot.), composé de trois pièces, explique ce titre, bizarre dans sa répétition. Le titre de la copie Nègre est une combinaison du titre général du livre : Het Leven en Dood van den Godzaligen en Standvastigen Martelaar Claude Brousson Wreedelijk ovcr zijnen Gods-dienst op den 4 noveinber idyS, et du titre particulier de la relation par laquelle il débute : Kort begrip van't Leven en Dood van den Gewesen heere Brousson Wreedelijk over zijnen Godsdienst op den 4 november 1698... Les pièces qui, dans ce volume hollandais, suivent la relation du début sont : 1° le jugement de Brousson, et 2» la Lettre pastorale dont nous venons de parler, et dont nous transcrivons le titre en français : Lettre pastorale aux fidèles du Languedoc et autres pays voisins sur le glorieux martyre du bienheureux M. Brousson, condamné à mort sur une accusation controuvée, calomnieuse, et jamais prouvée, le 4 novembre 169S.
L. Nègre, p. 145, mentionne une LIistoire de feu Claude Brousson, ministre du S. Evangile et martyr de Jésus-Christ, par George Martin, protestant réformé, 1699 (Bibl. Wallonne de Leyde).
4. Lettre écrite de Montpellier par un Monsieur à un de ses amis, contenant toutes les circonstances qu'on a pu obtenir de la mort de Monsieur Brousson, ministre de Jésus-Christ. Imprimé à Erlang en Allemagne. (Pap. Court, 17, L', 353; Douen, II, 227).
5. Pap. Court, 17, 1,641 : «Copie d'un Mémoire manuscrit sur la vie de M. Claude Brousson, traduit du latin ».
6. Douen, II, 446, donne la liste des pièces que renferme l'ouvrage.
les souvenirs de ses entretiens \ Les pasteurs bâtissaient maintenant le tombeau du prophète.
Cette réhabilitation suprême, pieuse, et légitime aussi, malgré la fausseté de l'un des arguments sur lesquels elle se fondait, établit pour toujours, parmi les protestants, la pure gloire du prédicateur, du missionnaire et du martyr. Sa femme et son fils, qu'il avait sacrifiés à Dieu en s'immolant lui-même, eurent du moins la douceur de constater que sa vie et sa mort n'avaient point été vaines'.
Un reflet de l'auréole de Brousson éclaira aussi ses collaborateurs du désert. Son livre des Merveilles les avait déjà remis en bonne place dans l'opinion. Son exécution leur rendit un dernier service. Elle leur gagna des sympathies plus émues, et par là permit à trois d'entre eux d'achever leur vie comme pasteurs réguliers.
Nous ignorons ce que Daniel Bas devint à Genève, quand il y rentra en 1G98. Lorsque A. Court lui demanda de rédiger les souvenirs de son activité de prédicant, il répondit qu'il ne possédait plus aucune des prières ou des exhortations dont il avait distribué des copies en France. Après en avoir longtemps gardé les originaux, il avait fini par les donner aux frères qui les lui demandaient. Il sentait sa mémoire allaiblie ; tous ses enfants étaient morts ; l'âge le courbait vers la tombe. 11 écrivit quelques particularités de ses aventures, dans un ordre qu'il jugeait imparfait, et prit soin de distinguer essentiellement son œuvre et celle de ses compagnons, du mouvement camisard, qui l'indignait encore.
Monsieur, dit-il à Court, je vous envoie ce Mémoire qui n'est point suivi, mais pour satisfaire à votre demande. Vous pouvez en tirer ce que vous jugerez le plus convenable. Je ne nomme point les fidèles qui m'ont retiré, et les métairies où j'ai convoqué en diverses fois des
1. Quick, Icônes sacrae GalUcanae et AngUcanae, ouvrage resté manascril. Une copie à la Bibl. du Prot. La notice de Quick a été découverte et utilisée d'abord par H. S. Baynes, dans son livre : The Evangelist of the Désert. Life of Claude Brousson... a protestant minister and martyr. Londres, 1853. {Bull. II, 335; voir là deux sonnets du temps, sur la mort de Brousson).
2. La veuve de Brousson, Marthe Dolier, avait reçu le 31 décembre 1698, des Etals Généraux de Hollande, une rente de 600 livres, qui s'ajouta aux 400 livres de pension que touchait son mari comme pasteur rentré en France, et qui lui furent continuées. Voir Bull. XXXVI, 259, une attestation de Marthe Dolier, du 25 mars 1700, en faveur du pasteur Clarion, de Lausanne, ami et confident de son mari, qui demande un secours aux Etats Généraux. Sur les descendants actuels de la famille de Brousson, voir L. Nègre, p. 141.