V. Conseiller du Comte
330 LES PRKDICANTS PROTESTANTS
cation interrieure et exterrieure depandoit absolument d'eux, et quand Monsieur Archer vint ici après le jour de l'an pour auiinistrer la Sainte Gène, il avoit une lettre que les pasteurs Vaudois avoit fait d'un commun accord pour envoyer en Suisse, touchant quelque charité en laveur des Eglises Vaudoises. Il lit signer tous les abitans sans vouloir permettre que je signasse. Pouroit-on voir un plus grand mépris pour une personne qui par la grâce de dieu a des bons témoignages ?
5. En cinquième lieu, vous savés. Monsieur, que ma commission porte de faire toutes les fonctions de mon ministaire et que je ne suis envoyé ni à coloque ni à pasteurs, mais directement à l'Eglise. Sous le bon plaisir de Son Excellence Monseigneur, je fairey valoir ma commission (ainsi comme je l'ay commansée), à prêcher et marier, et baptiser, et aministrer les saints sacremens, quand les occasions s'an présenteront.
Enfin, Monsieur, se sera tout à la volonté de Son Excellence comme souverain dans ses terres. Je dépens de lui et de vous. Monsieur
a Waldensberg, ce 23 février 17()"2.
Et suis votre très humble, très obéissant et lldelle serviteur
Jeax Roman m. |inistre].
Le 1*"^ mars 1702. eut lieu à Francfort le second Synode Vaudois'. Roman s'était décidé à y comparaître, sur l'assurance que le Comte d'Ysenburg y ferait parvenir en sa faveur un honorable témoignage. La compagnie lui expliqua qu'elle ne pouvait rien faire « contre les règles apostoliques, les canons de la discipline, les constitutions de toutes les Eglises réformées, et les avis positifs de quelques Académies des plus éclairées, consultées expressément sur ce sujet, sans parler des fâcheuses conséquences qu'on craignait ». Sa demande d'ordination fut donc repoussée, bien qu'on souhaitât d'y satisfaire en considération de sa longue activité sous la croix. Roman exposa « qu'il se sentait appelé intérieurement à cette sainte charge..., et que Dieu lui ayant départi quelques talents, il ne pouvait, en bonne conscience, se résoudre d'y renoncer ».
Le Synode le loua de son dessein, et lui conseilla dès lors de se soumettre à un examen « doux et charitable, afin qu'il ne pût se reprocher d'être entré dans la maison de Dieu par la mauvaise porte ». On n'attribuerait aucune importance au fait qu'il ignorait les langues et la philosophie. On voulait être seulement