Bull. XLVII
■2. Bull. L. 318.
i. Bull. X. -27-2.
4. C. 170. Dossier Quel. Interrog. du 9 juin 1690 [et non 1700, comme dit D. Benoit. Bull. L. Ml] : « âgé de 20 à 22 ans, de moyenne taille, les cheveux noirs et assez unis, velu d'un cadis gris ».
o. C. 172. Dossier du meurtre de Lambert. Interrog. de Catherine Bouscarenc, femme de C.uiU. Morel (21 nov. 1092). Julien, compagnon cordonnier. . . « vêtu d'un justaucorps burel, de taille petite, cheveux crespés et courts, le visage un peu maigre ».
6. C. 170. Dossier Lafoux. Interrog. du 27 fev. 1090 [et non 170il, comme dit D. Benoît, Bull. L, 360].
3i8 LES PRÉDICANTS PROTESTANTS
plus qu'aucune des expressions que la Lettre emploie pour décrire la célébration de la Gène, ou les séances du Synode, nous transportent loin des usages constants des Eglises Réformées du xvii^ siècle. Gomme le dit Paul de Félice, « nous ne sommes pas loin au contraire, à cet égard, du temps classique ».
Il reste néanmoins que, privés de l'original de la pièce, nous serions en droit de la considérer comme un document « curieux mais suspect »' si ses révélations demeuraient isolées dans l'histoire des prédicants.
Nous espérons montrer, dans les pages qui suivent, qu'il n'en est rien. Gependant nous devons noter d'abord les réserves que nous inspirent les circonstances où la Lettre a été écrite, et la personnalité de son auteur.
La Lettre, avons-nous dit, n'est pas datée. Elle contient néanmoins des indications précises : elle parle au passé « du mois de juin 1G94 » et mentionne « le :23 du mois de décembre dernier iG94 ». La transcription du millésime est surprenante, surtout dans le dernier cas, de la part d'un hor^me qui écrit en 1693, et qui parle de l'année précédente. On peut s'étonner pareillement qu'il ait écrit : « Le 7 janvier 1695, le nommé Papus fut arrêté à Montpellier». Mais d'autre part, Laporte ayant été arrêté à Montpellier le 24 février 1()96, la Lettre ne peut être postérieure à cette date : elle aurait rappelé le fait, d'autant qu'elle nomme Laporte. Il semble qu'il faille donc dater la Lettre des derniers mois de 1695, de novembre ou de décembre (avant Noël). On comprendrait que son auteur, éloigné d'une dizaine de mois des événements les plus importants de son récit, les ait fait px-écéder de l'indication du millésime'.
De qui émane la Lettre ? Tout ce qui ressort du texte, c'est que son auteur faisait sa résidence ordinaire à Montpellier, où il connaissait des marchands et des bourgeois. Il suit les assemblées qui se tiennent autour de la ville' ou dans la ville* ; il est fort zélé pour la religion', jusque-là qu'il se met en rapports avec un écolier en médecine, d'origine catholique, qui raisonne fort bien sur les Ecritures, et après une fort longue épreuve
1. Expression de H. Hauser dans la Rei'ue Historique. 1900, tome LXXllI, p. 3"20.
'2. En ce cas l'assemblée des environs de Montpellier qu'il fixe « dans le mois de juillet dernier », serait de 1695.