CHAPITRE II
LA DISCIPLINE (suite)
^3. — Consistoires et Synode (?)
Le pasteur du Désert, nommé par le peuple, n'exerçait point sa charge parmi des fidèles destitués de toute autre direction que la sienne. Au xyii"^ siècle, le Gonsistoii*e veillait sur le troupeau avec le ministre', « faisait que le peuple s'assemblât, faisait rapport des scandales et fautes, en connaissait et en jugeait avec les pasteurs, et en général avait soin avec eux de toutes choses.. . qui concernaient l'ordre et l'entretien de l'Eglise ». Il n'était pas moins utile aux prédicants d'avoir des allidés qui fussent les intermédiaires entre eux et leurs auditeurs, rendissent plus facile la convocation de leurs assemblées, les assistassent dans la distribution de la Cène. Au Pré de Montvaillant, Vivent établit Roques comme ancien, et lui fait promettre solennellement, suivant la coutume, « de vivre et de mourir dans la religion réformée ». A la grange de Cézas, Vivent et Vidal pareillement, nomment pour les divers quartiers des Cévennes des anciens, «. chargés entre autres [et principalement], du soin d'avertir des lieux et des heures des assemblées ».
Nous avons dit avec quelle amertume certains évêques parlaient, en 1098, des anciens Consistoriaux, de leur zèle et de leur attachement à la foi défendue. Les nouveaux ne furent pas moins tenaces. Roques tint son serment, et sa vieille mère disait n qu'il leur avait à tous servi d'exemple dans la famille ». Souvent les « avertisseurs » furent des fugitifs, compagnons ordinaires d'un prédicant, qui, dans la région où celui-ci s'arrêtait, allaient de maison en maison remplir leur ollice. Mais, en chaque quartier, le prédicateur savait où faire porter les nouvelles qu'il tenait à répandre. Plus d'un « avertisseur » fut arrêté, qui n'avait pas pris les bois. En 1687, Bringuier donnait à recopier à