‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 225 sur 346 · Bull. L, 3'i · texte numérisé non relu

Bull. L, 3'i

3. 1). Benoît {Jhill. L, 3;)7, note 2) prétend que Bàville clisliny:uail entre les « ministres » et les « prédicants », c'est-à-dire, parmi les prédicants, entre ceux, d'une part, qui prêchaient et donnaient la Cène, et ceux, d'autre part, qui présidaient seulement des cultes familiers. Mais le passajje d'Elie Benoît {Ilintoire de l'Edit de Xantes, V, 197, 19S) au(|uel il renvoie, a été par lui mal interprété. Klie Benoît résume en cet endroit les instructions données par La Trousse à ses ofliciers, en 1686. Le commandant militaire y établissait une dillérence entre la cai)ture d'un ministre revenu tle l'étranger, et celle d'un i)réilicateur extraordinaire, quel qu'il lut.

opposé ainsi des supérieurs à des inférieurs'. David Quet, interrogé si Laporte prêchait mieux que lui, répondit avec simplicité : «Je suis le moindre de tous ». Lapierre lui écrivait, en se justifiant d'un soupçon : « Je vous assure que j'ai une estime particulière pour vous, sachant votre piété et votre zèle ; et le soin que vous prenez pour l'édification de nos frères augmente grandement l'amour que j'ai pour vous. Je vous prie, croyezmoi un de vos serviteurs sans réserve». Le même Quet, vis-àvis de Vivent, manifestait une déférence marquée : « Vous verrez que celui qui vous écrit vous est et veut être, avec vous et avec tous ceux qui vous appartiennent, avec un profond respect, Monsieur et très honoré frère, votre très humble et très obéissant serviteur » ". Pourtal demandait à Brousson, qu'il appelait également Son très honoré frère, « la continuation de son amitié et le secours de ses bonnes prières »^ Brousson, à son tour, dans sa Relation des Merveilles, parle avec une émotion simple et vraie de ses compagnons du Désert, « qui le considéraient comme une personne à qui il avait plu à Dieu de donner de plus grandes lumières qu'à plusieurs d'entre eux, et qui les édifiait par sa jConduite ». Mais, ajoute-t-il, « il ne comparait jamais les grâces qu'ils avaient eux-mêmes reçues du Seigneur avec celles qu'il lui avait plu de lui accorder, qu'il n'y trouvât un grand sujet de s'humilier, et qu'il n'estimât ces fidèles serviteurs de Dieu, à divers égards, plus excellents que lui-même»*. Bàville voulait savoir de Golognac, en 1693, si Brousson ne dirigeait pas les autres prédicants. « Non, dit le prisonnier, Brousson est un habile homme, mais tous sont égaux ». Il n'avait pas voulu convenir non plus, et dans les mêmes termes, qu'ils fussent tous sous la direction de Vivent. « Nous sommes tous égaux, ainsi que les disciples de Jésus-Christ »^

1. Dans sa Relation des Meireilles, Brousson (1694) nomme comme s'étant bornés à des exhortalious et à des prières : Roussel, Masbernard (Saint-Paul), Pourtal, Papus et Carrière.

•2. Dossier Quel, C. 170.

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