LES ABJURATIONS
^( Ayant fini le sermon, continue la Lettre de 169o, ils demandent à toute l'assemblée s'il n'y a pas quelqu'un qui se veuille réconcilier avec Dieu et avec son Eglise, et entrer par ce moyen dans la Communion des Saints, qu'ils avaient lâchement abandonnée. Alors ceux qui se trouvent dans ce sentiment se viennent mettre à genoux devant eux ». Il s'agit de recevoir dans TEglise des apostats repentants. Seuls en efTct, ont le droit de se présenter à la table sacrée ceux qui n'ont point renié leur Sauveur. Vivent, au Moulin de Montvaillant, a refusé la communion à M"« de la Jonquière parce quelle a changé de religion (1()8G). Quelques semaines plus tard, il a demandé à son auditoire de jurer solennellement qu'il renonçait à la messe. Sans doute ces « réconciliations » collectives ont été d'abord seules usitées, mais, dès 1089, une coutume nouvelle s'établit, qui n'est que le retour aux usages traditionnels. Les protestants coupables, sont individuellement appelés à un acte de « repentance », comme il s'en était fait dans les temples du xvii« siècle, et connue les Eglises du refuge en enregistraient encore depuis la Révocation'. Jean Mazel portait sur lui, lors de son arrestation, un petit billet écrit de sa propre main : « La fille d'Etienne Pourquier, du lieu d'Andajac, a fait réparation aux pieds de l'Eglise le 13 du mois de janvier [1690] » '. En 1691, l'habitude était fermement établie. Anne Baudoin, a vu <t faire des abjurations » à toutes les assemblées auxquelles elle a assisté. En 1697, à Montcuq, Roman, après son sermon, ordonne « à tous ceux qui ne veulent pas aller à la messe, de se mettre à genoux ».
A ces frères qui implorent le pardon de Dieu, le ministre adresse une allocution spéciale. Il leur remontre lénormité du péché qu'ils ont commis. Il leur demande s'ils renoncent de bon cœur aux erreurs de l'Eglise romaine, qu'il énumère, en les résumant ; s'ils veulent vivre et mourir dans la religion réformée. Chacun d'eux doit répondre en particulier. Il leur rappelle encore à quelles conséquences pratiques doit aboutir leur serment, les exhorte à ne participer à aucune cérémonie catholique, et prononce enfui une formule d'absolution : a Au nom et en l autorité de Jésus-Christ, et comme fidèle ministre de sa Parole, je vous annonce la rémission de tous vos péchés, et qu'il n'y a plus maintenant pour vous aucune condamnation, puisque vous