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406 LES PRÉUICANTS PROTESTANTS
lleformation que vous aves abandonnée lâchement, ayant aymé ce présant ciècle mauvais. Mais pour remédier a vos malheurs, il faut que vous metiés peine de bien cognoistre vostre péché pour i apliquer les remèdes nécessaires, y. l'exemple d'un sage médecin qui sonde la playe jusques au fond et quy ne la flate point, alîn que les remèdes i fassent plus d'impression. Je voudrois vous faire cognoistre que vous êtes en pauvre état, sy vous ne vous relevés promptement par vive sainte repentance, puisque Dieu menasse de jetter dans les playes de sa condamnation tous ceux quy trouvera accouplés avec Babilon quant il la jugera.
§ 3. — Antoine Bringuie7\
L'exhortation de Roques est restée inachevée. Il travaillait difficilement, et les moindres mots à écrire lui coûtaient un eilbrt. Tout autre, au contraire, nous apparaît Bringuier. Sa volubilité et son abondance semblent avoir constitué une part importante de son autorité. C'est lui que Salendres avait entendu pendant six mois prêcher trois l'ois par semaine'. Nous ne possédons pas de Bringuier, à proprement parler, un sermon, mais seulement la lettre d'exhortation que de la Hollande, il envoya le l*"" décembre 1692 à l'adresse de Jean Destampes, à Nîmes". Elle ne remplit pas moins de quatre grandes pages in-4" d'une fine écriture. A part une phrase où le prédicant fait mention de sa femme demeurée en France, on ne trouve dans sa lettre aucun détail d'ordre privé. Elle est conçue comme une Epitre véritable.
A Amsterdam, le 1er décembre 1692.
Mes très chers frères et très chères sœurs, qui soufï'rés la persécution depuis plusieurs années de la part des ennemis du nom du seigneur, en quel endroit que vous soyez épars dans nos tristes contrayes des Cévennes et du Languedoc, grâces et paix vous soit, de par Dieu notre Père et de par notre Seigneur Jésus-Christ.
Après quelques lignes, où l'ancien prédicant répond à la demande à lui adressée de revenir prêcher en France, et que
1. L'avertisseur de Bringuier, Soulier de Monoblet, portait (oct. 1686) lors de son arrestation trois imprimés qui peut-être avaient appartenu au prédicant (les Psaumes en musique ; le Devoir de la persévérance : une Prière pour demander d Dieu l'exercice de la R. R.), et des manuscrits pieux (une Sommaire relation (?) ; une méditation sur le Mépris du monde, et une Lettre pour ceux qui sont tombés). Rien ne reste au Dossier. C. 165. Voir I, 191.