‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 250 sur 346 · JEAN ROQUES · texte numérisé non relu

JEAN ROQUES

avec tant de cruauté et faisant la guerre à Jésus-Christ', Quand vous n'auriez fait autre chose que ce qu'ils ont fait contre Caderlos, considérés bien ce qu'ils ont mérité. . . Nous ne sessons pas pour cela de prier le bon Dieu de leur faire miséricorde, et de leur donner une vraye repentance a lin de les retirer du piège du diable pour les rejoindre de rechef avec nous dans son Kglize.

L'autre feuille ressemble davantage à un sermon. L'assurance du châtiment salutaiie de Dieu, cette suite de paroles bibliques, ou d'expressions empruntées à des lectures pieuses, agencées en des phrases incorrectes, et le ton de conviction qui anime le passage tout entier, font de ces lignes un fragment typique. Si l'on songe en outre que la Lettre devait être lavertissement d'un paysan des Cévennes aux citadins de la plaine, on savourera mieu.x; encore sa naïveté et sa confiance enfantines'.

Mes chers frères et sœurs, C'est avec un estrême regret que je vois vostre malheur, et quand je considère la grandeur de vostre péché et vostre porséAa^rance en iceluy, je ne puis me tenir de soupirer, voyant les menaces que Dieu fait dans sa parole contre telz péchez ; car quand je considère l'oreur que Dieu a contre les pécheurs inpénitans et principalement celuy de ridolàtrie et de la révolte contre luy et ces saints commandements, car Dieu dit qu'il n'y a point de paix pour le méchant ; il faut se repantir nécessairement ou estre dannés, et Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais sa vie. Ce bon Dieu nous châtie non pour nous perdre, mais pour nous sauver. C'est pour cela qu'il nous chastie car à cauze que nous n'avons pas voulu nous amander a la voix de ses exortations ny à la voix de ces promesses ny de ces menaces, il a employé la voix de verge, et nous a livrez entre les mains de nos enemis. Et maintenant il ne faut plus atandre à ce convertir, il est temps que vous vous convertisiés, et pourquoy niour(r)iez vous o maison d'Israël ? Aujourd'hui si vous oyez sa voix n'andurcisés point vos cœurs, de peur que Dieu ne jure en son ire que vous n'enterés point en son repos. Représantés vous ce peuple d'Israël quand il forma le dessain de retourner en Egipte, Dieu jura qu'il n'entreroit point. Représantés vous, peuple ingrat, après que Dieu avoit reformé son Eglize par un efet de son amour et de sa toute puissance, et quy a "Coûté tant de sang et de milions, pour soubtenir cette heureuse

1. A Anduzc, l'apostat Lambert avait été ancien dans TEgrlise détruite. Sans doute à Saint-Jean un persécuteur se trouvait avoir rempli la même charge. Lasallc abritait Bagars.

Page 1