‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 261 sur 346 · Sur le Psaume XC, 10 (1" Sermon de la IIP Décade · texte numérisé non relu

Sur le Psaume XC, 10 (1" Sermon de la IIP Décade

4. 2' Sermon de la VP Décade. La copie povle : J'ait au dézert ce ij" septanbre Gazan, m i6g3 Loué soit Dieu.

5. Du Moulin avait écrit : « Dieu nous a montré qu'il ne dormait pas, et par une singulière Providence a veillé pour notre conservation, et par moyens inespérés nous a conservé sa parole, s'etant servi de ceux que nous craignions le plus, et ayant fléchi à clémence et à débonnaireté les cœurs de ceux auxquels il nous a asservis. Tellement que nous serions les plus ingrats du monde, si nous n'admirions la bonté de Dieu envers nous ». Gazan a recopié comme suit ; « Mais Dieu montre qu'il ne dort point, et par sa bonté veille pour la conservation de ses enfants. Et malgré le diable et la grandeur de nos péchés, conserve encore sa Parole, et rassemble ses brebis au milieu des loups. Tellement que nous serions les jjIus ingrats. . . »

6. Du Moulin avait écrit : « Et quand Jésus-Christ rendit la vue à un aveugle en lui Irottaut les yeux avec de la boue, c'eût été assez pour crever les yeux à un homme qui eût eu bonne vue ». Gazan a mis : avec de sa salive, sans s'apercevoir qu'il anéantissait ainsi la pensée de l'original. Plus loin, de la phrase : « Des jeu.v chassieux ne laissent pas de reconnaître le droit chemin, une main débile ne laisse pas de recevoir l'aumône », il a fait simplement : « Enfin un corps débile ne reste pas à recevoir l'aumône ».

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depuis la Révocation, par un pasteur apostat, que les ministres réfugiés avaient consenti à recevoir à nouveau dans le ministère, après sa repentance '. Quelques mots estropiés (la tiire du péché, pour la nature ; les enceptres de son père ; exquandalle ; brutteux pour Brutiis ; la faiblesse et la crainte, ses mauvaises le conselièrent, pour conseillères; la montagne de Jézabel, pour EbaP), quelques expressions patoises (je ne veux pas macomparer à Saint Pierre; il n"y a pas rien qui le puisse mettre à co\x\ erX \ ']& n en fais une franche confession; moi suis été si misérable de entrer dans la Cour de Gaïphe ; si me semble, pour me semble-t-il) trahissent ici encore l'inexpérience littéraire de Gazan. Mais le sermon ne passait pas sa portée. Il y pouvait emprunter des considérations sur la persécution de France qui, sorties de la bouche d'un exilé, s'appliquaient aux ministres errants.

Si, dans une g-lorieuse résolution, nous souffrons bien des maux ici dans le monde, et si nous sommes privés de la douceur de la Patrie et des avantages que chacun y pourrait trouver, et si, comme notre Maître, nous n'avons point où reposer la plante de son pied, consolons-nous dans une si glorieuse conformité. Ce n'est pas comme larrons ni comme meurtriers, ni comme malfaiteurs que nous souffrons, ni comme des sujets rebelles. Vous le pouvez voir, vous le savez, si jamais nous sommes été traittes ni à sa (?) couronne ni à son (?) Etat. Ce u'est pas pour cela, c'est pour justice. Courage, chrétiens ! Bienheureux sont ceux qui mènent deuil, car ils seront consolés. . . Et après tout, nous devons être persuadés d'une chose, qui est le fondement de notre consolation et de notre espérance, que si le monde ne nous a pas voulu soutfrir dans les villes ni dans les villages, et que nos maisons n'aient pas été nos asiles, il n'empêchera point que nous n'allions habiter éternellement dans cette maison éternelle, qui n'a pas été faite de main [d'homme].

1. L'imperfection de la copie de Gazan laisse un doute sur le pays où le sermon l'ut prêché. Nous y lisons : « O mon dme saiweraine et magnifique Seignieur qui était [êtes] l'image vivante du Tout-Puissant. . . vous avez donné votre consantement et vous avez prêté votre authorité pour me rendre l'honneur de mon ministère ». Nous corrigeons en : O Monarque souverain et Magnifiques Seigneurs, et nous pensons à Guillaume d'Orange et aux autorités des Provinces-Unies. Plus loin le pasteur s'adresse au « Sacré collège des prophètes de Dieu », par où il faut entendre les Professeurs d'une Académie, et enfin à» ses très honorés frères». les pasteurs. Le sermon développe la parole de Jésus à Pierre : Lorsque tu seras converti, confirme tes frères. (Luc, XXII, 32).

2. La copie porte encore : « Vous [pasteurs] qui avez sollicité... en faveur de mon rétablissement, vous avez aidé à dépendre ma harpe muette qui était pendue aux soulieures [souillures] de Babylone ». list-ce le pasteur qui a volontairement joué sur le mot saule ? ou Gazan qui s'est trompé ?

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