LES fREDlCANTS PROTESTANTS
délibérément le résumé manuscrit ou les pages imprimées auxquels jusqu'ici il s'est plus ou moins exactement référé. L'animosité des Juifs contre Jésus la mené aussitôt à la persécution que subit l'Eglise, et sans plus se soucier ni de son texte ni des idées qu'il en a déduites, il se lance dans une violente controverse, dont les arguments ne sont pas toujours clairs, et termine par une véhémente apostrophe aux ennemis des fidèles, et par la proclamation de la gloire qui attend ceux-ci.
En premier lieu, regardez et voyez la cruauté de l'Eglise romaine qui a retranché la coupe de notre Sauveur. Et encore veulent [1' '?] appeler une partie. Et même il [elle] n'est pas une partie de la Communion de J.-G. comme [puisque] il la distribua à ses disciples. O faux prophètes ! O enchanteurs ! Comment osez-vous dire que Jésus soit dans une miette de pain, tandis qu'il est au Ciel, et il faut que le Ciel le contienne jusques au rétablissement ? Encore, avez retranché la sacrée coupe de notre glorieux Sauveur, qui a dit si expressément à ses disciples (et à toute l'Eglise en général en la personne de ses disciples) : Buvez-en tous ! Gomment donc avezvous le courage d'ôter cet excellent sacrement au pauvre peuple ? Ne tremblez-vous pas du jugement de Dieu qui [qu'il] vous écrase I Ne faites-vous pas voir par là que vous êtes diables, tandis que vous rejetez ce que Dieu a fait, pour maintenir et soutenir des traditions des hommes qui ne sont été inventées que par vous? Ne faites-vous pas voir par là que vous êtes fous, insensés et aveugles? Pharisiens aveugles, qui savez la vérité et ne la faites point, n'êtesvous pas des insensés? Ne savez-vous pas que celui qui sait la vérité de son maître et ne la fait point, il sera battu de plus de coups ? Vous la connaissez, et la cachez non seulement à vous, mais au pauvre peuple. . . Vous les empêchez de la lire pour faire triompher l'erreur de la supertition. O traites à Dieu et au Sauveur du monde, n'êtes-vous pas des insensés ? N'ètes-vous pas imitateurs des Juifs qui connaissaient assez que Jésus était le Christ, et cependant ils le hrent mourir?
N'en faites-vous pas aujourd'hui de même en la personne de ses enfants ? Vous savez bien que la parole qui prêchent les pasteurs de l'Evangile, que c'est véritablement la Parole de Dieu. Cependant vous inventez tous les jours de nouveaux supplices pour les faire mourir. Ne tremblez-vous pas, misérables ? Et ne savez-vous pas qu'il vous faudra rendre compte de ce sang innocent que vous aurez fait verser sur la face de la terre? Oui, pour certain, vous en rendrez compte devant Dieu, et comptez qu'il vous punira suivant vos mérites !
Soyons en bien persuadés, mes très chers frères, et ne perdons pas courage puisque J.-C. est le chef de notre Communion, et la