‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 263 sur 346 · GAZAN COPIE MOINS SERVILEMENT · texte numérisé non relu

GAZAN COPIE MOINS SERVILEMENT

«Mon dieu bény moy mon travail s'il te plait et pardonne s'il te plait les péchés de ton serviteur. »

Le second sermon du cahier, sur Les souffrances du Christ (Jean, XIX, 5 : Et Pilate leur dit : Voici Vhomme) a été traité par Gazan avec plus d'indépendance. Privés que nous sommes de l'original, nous ne savons s'il s'agit ici de la libre adaptation d'un sermon entièrement écrit, ou plutôt de l'amplification d'une analyse. Quoi qu'il en soit, Gazan n'a trouvé bon d'utiliser que quelques-unes des idées que lui présentait son modèle. L'exorde, consacré à la « générosité » du métier de la guerre et à son attrait, ressemble, par sa gaucherie, au début du sermon précédent*. Il conduit à une division d'une forme incorrecte : « Sur ces paroles, m. f. nous avons, sous la conduite du Saint-Esprit que nous avons imploré et que nous implorons encore de tout notre cœur, deux points à considérer, moyennant sa grâce. En I*"" lieu nous verrons qu'il est cet homme, et en IP lieu nous verrons la nécessité que nous avions de cet homme. Et ensuite et enfin nous verrons les fruits qui nous a acquis par sa mort et passion. Ce seront les trois points que nous avons à vous entretenir ce jourd'hui avec l'aide favorable du père des lumières ». La suite ne correspond pas entièrement au programme exposé. Le I"etle IIP point sont seuls normalement développés. Le W présente une modification inattendue, et nous y apprenons Pourquoi et en quels termes Pilate disait: Voici Vhomme. C'était, dit Gazan, qui sans doute marche maintenant sans appuis : 1° par dérision pour les Juifs ; 2. parce que les Juifs disaient : nous avons une Loi (?) ; 3. parce qu'ils disaient que Jésus était fils d'un charpentier ; 4. parce que le peuple croyait en lui à cause de ses miracles ; 5. « pour la cinquième raison, que les Juifs persécutèrent J.-C. il faut savoir, m. f. qu'ils étaient méchants et idiots [simples] et qu'ils ne savaient ce qu'ils faisaient, témoin J.-C. dans cette douloureuse complainte, lorsqu'il s'écria avec tant d'ardeur, capable à renverser tous les cœurs par terre : Père, dit-il, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font».

Arrive enfin l'aapplication», introduite par la formule ordinaire : « Appliquons ces choses à notre usage et à notre consolation». Gazan lâche ici la bride à son inspiration. Il abandonne

1. Gazan j' a glissé une expression qui lui a paru belle, et qui provient de l'autre sermon : « L'expérience, que nous l'apiJelons la mesure des choses, nous fait voir, etc. .. »

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