‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 274 sur 346 · BROUSSON ET LES PRÉDIGANTS DU LANGUEDOC · texte numérisé non relu

BROUSSON ET LES PRÉDIGANTS DU LANGUEDOC

Claude Brousson comme « la plus pure représentation de la Foi, de la foi simple, héroïque jusqu'au sacrifice » \ de cette Foi qui espère tout, et qui «tient ferme, comme voyant celui qui est invisible ».

Ce ne sera pas diminuer le plus haut des prédicants que d'associer à cet hommage ceux qui, avant lui, pour lui montrer la voie, et avec lui pour l'édifier par leur zèle et le soutenir par leur reconnaissance, ont collaboré à la même œuvre. Toute l'histoire de la première Eglise du Désert, dans le Bas-Languedoc et les Gévennes, converge autour de lui. Les premiers prédicateurs, par leur initiative hardie, par leurs succès, puis par leur exil, lui ont mis en main la plume vengeresse dont il écrivit les Lettres aux Pasteurs, et lui ont révélé la nécessité du ministère extraordinaire. Vivent l'a entraîné dans les Gévennes, et Brouson a aimé et admiré son compagnon. Devenu chef incontesté après la mort de l'ancien régent de Yalleraugue, il a façonné sur un idéal plus évangélique, par l'ascendant de son exemple et de sa parole, des ouvriers chétifs, dont l'ardeur réchauffait la sienne, et qui se sentaient grandis par sa présence au milieu d'eux. Parti du Languedoc, après quatre ans et demi d'épreuves, bien résolu à n'y plus revenir, des circonstances imprévues l'y ramenèrent encore, et ce fut enfin sur le sol de la province qu'il scella de son sang son apostolat. Nous ne voulons séparer de lui aucun des humbles dont nous avons raconté l'histoire. La même foi les anima tous, la même colère contre l'oppression de l'Eglise romaine, et aussi la même espérance que l'Europe protestante ne laisserait point se consommer une iniquité. Sils furent tous enveloppés sous la même épithète de « perturbateurs du repos public » ou de « séditieux », ils ne furent coupables, sous un roi qui avait violé des serments sacrés, que d'avoir cru aux droits de la conscience, et au ûègne universel de la justice. Ils conservèrent flambante pendant quinze ans la torche que Louis XIY avait voulu éteindre, et ce fut de leurs mains inhabiles mais robustes, que la reprirent, en 1715, après la tempête camisarde, les restaurateurs du protestantisme français.

l. Bull. XXXIV, 542.

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