‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 28 sur 346 · C. 172. Dossier de l'assassinat de Lambert · texte numérisé non relu

C. 172. Dossier de l'assassinat de Lambert

2. David Gazan (La Jeunesse), qui était des Plantiers (Saint-Marcel de Fonfoulhouse) est dit pareillement quelquefois « de Milherines ». Brousson appelle la Jeune fille Isabeau RecLostière, d'après la prononciation patoise.

3. Acte reçu par Bousanquet notaire à Lasalle. Le nom du père est transcrit là sous la forme Antoine Redourtier. Le prédicant Manoël d'Algue, avant de devenir fugitif, avait passé un acte notarié tendant aux mêmes tins.

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11 y a deux ans que ce même Lambert, ayant pris quelques personnes, qui étaient aussi soupçonnées de venir d'une assemblée, et parmi lesquelles était sa cousine germaine', une des plus honnêtes tilles de ce pays là, il dit à M. l'intendant : Monseigneur, il faut que ma cousine germaine soit pendue la première. Mais M. l'intendant lui dit qu'on ne faisait plus pendre les gens pour avoir été dans les assemblées.

Brousson raconte ensuite l'arrestation du fugitif Poujol « qui faisait quelquefois la prière avec ceux qui avaient la charité de lui apporter à manger, mais il ne se mêlait pas de prêcher au peuple », et note qu'il est mort aux galères.

C'était là, poursuit-il, le métier de cet indigne consul. Comme il était misérable, il ne songeait qu'à chercher quelque pauvre fidèle pour le saisir et pour vendre le sang innocent, afin de vivre du salaire de riniquité. Mais enfin Dieu, qui par sa sage Providence conduit tous les événements du monde, a permis qu'il ait péri en faisant ce malheureux métier. Car la grande envie qu'il avait de recevoir seul la récompense de la capture d'un jeune homme fugitif qui était dans la maison d'une veuve-, fut cause qu'il y alla seul pour le prendre. Ce jeune homme le voyant sur la porte lit effort pour sortir, et comme Lambert le suivit et qu'il commença à appeler quelque soldat de milice, le jeune homme, qui avait quelque couteau à la main le menaça de le tuer s'il ne le laissait aller ; il lui scia même la main avec le couteau, et vo^^ant qu'il ne voulait pas le lâcher et que le danger était grand pour lui, il lui donna dans le ventre et le tua. C'est ainsi que cela nous a été attesté par des gens d'honneur qui étaient à Anduze quand cela arriva.

Cependant, ceux qui ne pensent qu'à irriter Sa Majesté contre nous, lui parlent de cette action comme d'une affaire extrêmement grave. Quelques jours même après que cela fut arrivé, il y eut un de ces semeurs de fausses nouvelles qui, venant d'Anduze, et étant arrivé dans un lieu où j'étais, dit à xme personne qui me le rapporta, que c'était moi, avec deux autres, qui étions dans la chambre de cette veuve, et que Lambert m'ayant voulu saisir comme le plus apparent des trois, je l'avais tué. Cependant je prends Dieu à témoin que lorsque cela arriva, j'étais fort loin d'Anduze, aussi bien que l'homme qui m'accompagne, et qui est un homme sage et craignant Dieu. Je prends même Dieu à témoin qu'il y a plus de dix ans que je n'ai été dans Anduze.

Aussi je ne crois pas qu'on ait osé m'accuser en écrivant à la Cour ; d'autant plus que tout le monde sait que je suis ennemi des violences

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