‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 292 sur 346 · LA CHANSON DE P. COLOGNAC · texte numérisé non relu

LA CHANSON DE P. COLOGNAC

Elle ne songeait pas alors Que ' à nous faire de grands torts En nous mettant sous sa puissance.

Mais Dieu a pensé autrement, Et lui fait voir tout maintenant Une terrible résistance.

Cette superbe Babylon Croyait que par son grand renom Devait faire trembler la terre, Croyant mettre à son pouvoir Selon qu'il était son vouloir La France aussi l'Angleterre.

Elle a fait sans droit [et] à tort Souffrir plusieurs cruelles morts Aux Fidèles qui sont en France, Croyant ainsi les étonner, Et en même temps les ranger Sous sa protection et défense.

La plupart sont été pendus,

Et les autres ont étendus

Sur les roues les plus infâmes «

Les galères et les prisons

Sont pleines d'homme(s) ou de garçons

Ou bien de filles et de femmes.

Quand nous nous sommes assemblés

Par les déserts ou par les bois

Ou parmi chambres retirées,

Sont venus, cherchant après nous,

Etant affamés comme loups.

Cherchant nos saintes assemblées.

Si quelquefois nous ont trouvés Quand nous nous sommes assemblés Parmi les bois, dans la campagne, Ils nous ont tous tiré dessus.

Nous ayant pris et puis pendus, Et nous chassant par les montagnes.

Grands cruautés ont exercé

Certes, d'un et d'autre côté,

En poursuivant nos pauvres frères.

Ce sont de cruels ennemis,

Qui nous causent de grands ennuis

Tant à nous comme auss(i) à nos frères.

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