Colognac devait être lui-même roué à Marsillargues
Mais nous, ne nous étonnons pas.
Plutôt endurons le trépas En délaissant tout ce bas monde.
Nos ennemis se lasseront Quand nos souffrances ils verront Parmi toute la terre ronde.
Il faut soulï'rir pour Jésus-Christ Les souffrances que l'Antéchrist Nous fait souffrir dans ce bas monde.
Pour être heureux dedans les Cieux Il faut souffrir dans ces bas lieux Toutes les souffrances du monde.
C'est pour [par] un chemin épineux Qu'il faut entrer dedans ces lieux Pour y recevoir la couronne Que Jésus-Christ nous a promis Pour mettre lin à nos ennuis.
O que c'est une chose bonne ' !
1. Colognac portait sur lui quelques autres vers (Rouquette, p. 55), où nous reconnaissons deux lignes d'un Psaume, suivies sans doute d'une ancienne chanson spirituelle. (Orth. orig.)
— Las I mon Dieu, je sens mon âme Qui de grand désir se pâme. (Psaume 42).
— Las ! Quand il faut que ces traîtres je voye Je meurs d'ennui de quoy si lâchement
De la parole ils ont laissé la voye ! Donne nous ton secours d'en haut, Contre celui qui nous assaut, Renversant par ta bonté grande De ces haineux toute la bande.
Le cantique
O le Dieu fort, arbitre de la guerre Fais triompher les armes d'Angleterre,
que l'abbé Rouquette a cru devoir réimprimer (p. 73) est connu depuis longtemps comme un faux, de fabrication catholique, paru en Languedoc en 1744 {Bull. LVII, 201).
Ajoutons, en terminant, que le prédicant David Couderc avait dans son havresac « plusieurs chansons sur le chant de plusieurs Psaumes, que Vivent lui avait données >>. (G. 172 ; elles ne sont plus dans son dossier) ; et qu'une perquisition du 23 avril 1691 fit découvrir chez le S"^ Bource, à Pèzenas, deux feuillets de vers. L'un contenait Les adieux de Madame la Princesse d'Orange d son mari [quand il s'embarqua pour l'Angleterre], l'autre débutait par les mots : « Quand le Sauveur du monde inspire le courage... ». (G. 171. Le sonnet sur les Adieux se retrouve Pap. Court, 11), f> 170).