QUEST
[au dos : Monsieur Laporte.] [Paraphé ne varietur : Perdrix, juge crimin^'. Quest.]
Un billet du prédicant Lapierre.
[Dossier Quet. G. 170. Saisi sur le prédicant. C'est à lui que Lapierre l'avait adressé. Ortli. orig.]
Monsieur et honoré frère, Ayant receu la vostre et veu par icelle des reproches que vous me faites sans estre informé des choses dont vous m'accuses, je vous prie de croire que je ne suis pas homme à me rendre coulpable de ce dont vous m'accusez. Sy sella étoit, j'aurois renversé toutes les qualités dont je fay profection, lesquelles j'ayme plus que ma pi'opre vie, car je ne suis pas homme à nier la vérité. Pour moy, à l'égard de cette pièce que vous me dites de chez Noguier, je vous proteste avec sincérité que je ne say jamais avoir prins aucun livre chez Noguier et sy sella feust esté, quand ils seroient le plus esquis de tous les conposez, asurés vous que je vous l'aurés rendu avec gayeté de cœur, car pour moy, à Dieu ne plaise que je fasse mon profit du dommage de mon frère. Et a l'esgard de ce que vous m'envoyez, que je me suis caché de vous dimanche passé, je vous prie d'en demander la vérité à celui dont nous estions pour lors ; vous estiez dans l'un et moy dans l'autre, et des l'abord je le pria que j'eusse l'honneur de vous voir et il me vint dire que vous estiez sorti, dont je feus bien surpris car j'estois pationné de vous voir. Je vous aseure que j'ay et j'ay une estime particuillère pour vous, sachant vostre piété et vostre zelle ; et le soin que vous prenez pour l'ediffication de nos frères augmente grandement l'amour que j'ay pour
VOUS. Le zelle que nous devons avoir pour nostre commun père iu'a annismé envers vostre endroibt, et je vous prie vous informer avec nostre frère françois [Vivent] de la manière que j'ay parlé de vous. Je souhaite ardenm' d'avoir l'honneur de vous 'voir pour me pouvoir justiiier de ma fidellité. Ayant escrit a la hastejene vous marque pas toutes choses comme je souhaiterois. Je vous envoyé par le donneur ce vinte deus solz que vous aviez bayllé pour moy. Je vous prie, croyez moy un de vos serviteurs sans réserve, faites en sorte que j'aye l'honneur de vous voir. Je vous prie, cy vous m'escrivez, ne mètre point d'adresse ny non. Suffit que vous le donniez a dé jeans lidelles
G. Lapierue.
[Paraphé ne varietur : Peuurix juge crim". Quest.]
Documents relatifs aux prédicants, de i6go à Jévrier lôga.
Nous avons renoncé presque absolument, à partir des premiers mois de 1G90, à fournir dans nos notes l'indication des documents dont nous nous sommes servis. Il aurait fallu transcrire de trop nombreuses références, ou renvoj'er en bloc à trois cartons des Archives du Languedoc dont le dépouillement est laborieux. Les procédures qui ont suivi les dénonciations d'Anne Baudoin, en novembre 1692, et celle de Valdeyron après la mort de Vivent (février 1092) ont été utilisées contre Brousson. Une partie se trouve donc jointe au dossier de celui-ci, G. 191. Le reste est G. 171 et G. 172, dans un désordre complet. La procédure qui suivit la mort de Grevou au Mas de Montredon (décembre 1091) est également G. 171, et nous a fourni de nombreuses données.
Les dépositions essentielles d'Anne Baudoin, d'Anne Bourelle et de Louise de Bringuier, se trouvent confirmées presque constamment, et complétées, par les interrogatoires de ceux des accusés qui ont consenti à avouer. Il en est de même de la déposition de Valdeyron. D. Benoît (Bail. LVIII, lo8) déclare que cette dernièi^e est « un fouillis inextricable d'invraisemblances, de contradictions et de calomnies». Il faut, pour parler de la sorte, ignorer
les dépositions qui raccompagnent. Nous la tenons au contraire pour absolument claire et véridique, et il suUit pour se convaincre de sa valeur, de placer à côté d'elle en particulier : !• la déposition du valet de consuls Gervais, relative à la mort de Louis de Bagars ; 2° la déposition d'Abraham Ducros. Il ressort à l'évidence, de cette simple confrontation, que Valdeyron, en narrant par le menu les événements dont il dit avoir été le témoin pendant les six mois qu'il a suivi Vivent, n'a certainement pas inventé les faits qu'il rapporte. Comme, d'autre part, il ne manifeste d'animosité d'aucune sorte contre aucun de ses compagnons en particulier, qu'il s'accuse lui-même de s'être embusqué au Mercou pour assassiner Bagars, on se demandera pourquoi son témoignage, presque partout confirmé, n'est pas recevable dans sa totalité.
Il nous a paru impossible de transcrire ici des dépositions fort longues, qui se répètent, et qui ont déjà en entier passé dans notre texte. Nous dresserons du moins l'inventaire des dossiers dont elles font partie*.
Interrogatoij^es à Saint- Hippolyte, clans le Fort, par devant Daiidé,jiige au Vigan.
Nov. 10 — Suzanne Viala, du Moyna (Soudorgues),
18ans^ G. 172
» i> — Etienne de Manoël, S"" de la Blaquière, d'Algues (Lasalle), 25 ans' »
» » — Jean Gautier, S"" du Roucou, hab. Lasalle,
27 ans «
» 11 — Anne Baudoin, de Gaderles, 19 ans ^ C. 191
J> 12 — Antoinette Ausset, femme Jean Martin, de
Rieumal (Lasalle) G. 172
» » Pierre Ducros, dit Choure, de Lasalle, car-
deur, 65 ans »
» » Margu. Pellet, femme Jean Soubeyran, de
Simonet (Saint-Bonnet), 50 ans »
>) » Pierre Massot, de Lasalle, cardeur, 50 ans. , »
1. Nous faisons précéder d'un — les pièces les plus importantes.
2. Fille de M" Claude Viala, procureur au présidial de Nîmes.