‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 42 sur 346 · LES N. C. CONTRE LA KUANCH · texte numérisé non relu

LES N. C. CONTRE LA KUANCH

que la question religieuse serait résolue en France, et par le rétablissement de ledit de Nantes. Il osa, par un second Mémoire, revenir à la charge le 5 mai 1693'. A vrai dire, il n'usait d'aucun argument nouveau, mais le réveil du zèle parmi les réformes lui fournissait une réflexion importante. « Les Nouveaux Convertis, disait-il, comptent si bien d'être compris dans la prochaine paix que ceux qui avaient commencé de professer la Religion Catholique ne le font plus, dans l'espérance qtie le libre exercice de la prétendue Réformée leur sera rendu. Cela est si général dans tout le royaume, qu'aucun d'eux n'en doute, ni ne s'en cache ».

Les préparatifs de Guillaume justifiaient encore les craintes de Vauban. Cédant aux vœux populaires des Anglais qui souliaitaient une descente en France alin de porter la guerre dans le cœur du royaume, le prince escompta à la fois la complicité des Nouveaux Convertis et la colère des afl'amés. Il embarqua sur les flottes anglaise et hollandaise « un grand nombre de troupes qu'il munit non seulement d'armes, mais aussi d'instruments pour remuer la terre et la travailler. Après tout, l'espèce de famine qui désolait la France aurait rendu le blé l'instrument le plus sûr pour attirer les Français en foule »'. L'entreprise une fois de plus demeura vaine. Les flottes se bornèrent à « ranger plusieurs fois les côtes, mais sans effet ».

Rrousson connut-il les desseins précis de l'Angleterre ? La chose est peu probable, mais il suivait avec attention les péripéties de la lutte. « L'Etat, écrivait-il à Râville dans sa lettre du 10 juillet, se soutient maintenant avec éclat parce qu'il emploie toutes ses forces , mais en les employant il se consume . Le royaume est maintenant dans un état violent, mais les choses violentes ne sont pas de durée ».

Les expressions de Rrousson demeuraient encore loyalistes, si sa conduite ne l'avait pas toujours été. D'autres réformés, à côté de lui, désiraient avec moins de ménagements « le rappel [retour] ou la continuation de la guerre jusqu'à ce que le roi fût contraint de leur accorder des conditions »*. Chose plus grave encore : l'opinion de Mandajors à Alais sera bientôt que les Nouveaux Convertis non seulement souhaitent une plus grande famine dans le royaume, mais qu'ils s'efforcent même de l'y

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